Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Que faire maintenant? Eh bien, c'est simple. Je vais continuer cette chronique!

L'actualité s'éteint, du moins en matière culturelle. J'ai heureusement de multiples provisions. Et puis il y a ce que je lis sur des sites internationaux et qui mérite commentaire.

Cette fois-ci, nous voilà au point mort. Les courriels qui m’arrivent se suivent et se ressemblent. Il ne s’agit en plus jamais que de confirmations. Tout ce qui n’est pas annulé se voit repoussé, avec de nouvelles dates tantôt optimistes, tantôt pessimistes. Mai, c’est selon moi trop tôt. Octobre me semble en revanche bien loin. Bref. La saison culturelle est terminée avec les questions que posera la suite. Certaines manifestations passeront fatalement à la trappe. D’autres se verront rattrapées par les poils. Tout ne peut pas se voir prolongé dans une attente indéterminée. De gros efforts semblent du coup se révéler vains. J’ai visité vendredi dernier au MCB-a de Lausanne l’unique jour qu’aura duré l’exposition de Taus Makhacheva. J’ai vu lundi après-midi «Uplift» à la galerie Xippas de Genève. Le montage se terminait. «Vous resterez sans doute l’unique personne à l’avoir vue prête», m’a dit son directeur. Notez que la chose peut dans ce dernier cas se découvrir en ligne. Ce n’est pas la même chose, bien sûr. Présenté depuis des années comme une panacée, le Web n’en sort pas moins grand vainqueur de la conjoncture actuelle.

Que faire quand tout se défait? C’est ce que je me suis bien sûr demandé. Est-il bien nécessaire de rendre compte d’expositions qui ne sont plus accessibles? Faut-il parler de livres alors que les librairies (du moins physiques) sont fermées? Y a-t-il assez de nouvelles fraîches pour justifier une chronique quotidienne, voire bi-quotidienne pour autant que le mot existe? Tout cela garde-t-il un sens? Et puis, y a-t-il tout simplement des lecteurs pour cela? Je note que les rubriques «culture» des grands quotidiens mincissent encore ces jours, elles qui n’étaient déjà pas grasses. Il faut dire qu’elles se veulent soumises à la sacro-sainte actualité, et que celle-ci va fatalement s'étioler. Il leur faudrait pouvoir non pas inventer des affaires, ce qui ne serait pas très éthique (quoique…), mais au moins imaginer d’autres formes de récits. Broder autour de l’intemporel. Une denrée bien peu rédactionnelle que cet intemporel...

Tout ce qui traîne...

J’en suis arrivé après délibérations avec moi-même à une décision simple. Je vais tout simplement continuer. Il sera question ces prochaines semaines d’expositions dont subsiste au moins le catalogue. Mes tables croulent sous le poids de livres en attente (c’est très lourd, le papier). J’ai maintenant du temps pour parcourir des sites francophones ou anglophones confidentiels. En secouant mes tiroirs, j’ai découvert non pas avec horreur, mais un étrange ravissement, que j’avais vu, lu, rencontré beaucoup de choses et de gens depuis des mois. Ces notes n’ont pas été publiées faute de temps. De place surtout. Comme aurait dit notre ami Voltaire, un clou chassait l’autre. Une manifestation au long cours se voyait ajournée pour cause d’urgence. Les organisateurs ne sauront jamais à quel point ils ont tort de prévoir des expositions longues. Elles passent toujours en dernier… Idem pour les livres trop lourds. Ce sont eux qui s’entassent au fond des piles qu’ils finissent par caler.

Au menu prévu pour ces prochain temps, il y aura donc du Londres (qui reste d’actualité, vu la politique sanitaire anglaise) et du Paris. Du Nancy et du Bâle. Du Lausanne et du Genève. Plus beaucoup d’articles puisés dans la presse internationale, avec un curieux changement de valeurs. Ce qui y paraît en tout petit me semble souvent important, ou en tout cas révélateur de l’air du temps. Les grandes tartines lues ailleurs m’inspirent souvent nettement moins. Il y en a même, j’ai un peu honte à le dire, que je n’arrive jamais à lire jusqu’au bout. L’annonce d’un petit fait me semble souvent symptomatique des grandes tendances qu’on finit par ne plus remarquer tant elles apparaissent visibles aux yeux de tous.

Un marathon

Je ne sais bien sûr pas jusqu’à quand je peux tenir à raison d’un article par jour, samedi et dimanche compris. Mais je sens aussi que le stock d’idées va se réapprovisionner à mesure. Alors bonne lecture! Et souhaitez-moi bonne écriture. C’est un marathon qui commence, à la différence près que le kilométrage demeure ici inconnu!

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