Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Quatorze salles supplémentaires complètent le Musée des Offices à Florence

Le directeur Eike Schmidt poursuit ses travaux de rafraîchissement ou de création. Et ce n'est pas fini! Les autoportraits constitueront l'étape suivante.

Eike Schmidt lève le voile sur une Madone de Franciabigio.

Crédits: Giornale dell' Arte.

Les Offices ont rouvert le 4 mai à Florence. Le plus célèbre musée d’Italie (celui du Vatican se situant dans en Etat indépendant) redevient donc visible pour les Italiens. Les touristes attendront. C’est selon moi le troisième réveil sanitaire de la galerie, formée pour l’essentiel par les collections des Médicis. Espérons que les choses s’arrêteront là.

Pendant les clôtures, la direction et les ouvriers n’ont pas chômé. L’Allemand Eike Schmidt, qui gère l’institution (qu’on a connue chaotique) d’une main de fer, a ainsi su créer ou renouveler quatorze nouvelles salles. Disposés depuis quelques années sur deux étages, les Offices n’en finissent pas de grandir. Les cent chambres sont désormais dépassées. Il s’agissait cette fois soit de profiter d’espaces libres, soit de refaire des décors ayant cruellement vieilli. Les aménagement blanc de blanc des années 1950 n’ont aujourd’hui plus la cote. Schmidt (comme le Canadien James Bradburne à la Pinacoteca Brera de Milan) a du coup répandu la couleur. Il a en plus laissé respirer les tableaux. Son parcours, dont je vous avait parlé après ma visite de 2019, se révèle visiblement conçu pour supporter le tourisme de masse en dépit des jauges de sécurité.

Nouvelles acquisitions

Etalées sur 2000 mètres carrés, les 14 nouvelles salles accueillent 129 tableaux et quelques sculptures. Le tout «poutsé» à la germanique. Les premiers visiteurs pourront faire connaissance avec les dernières acquisitions de la maison. Une «Sainte Famille» de Daniele de Volterra, un disciple de Michel-Ange, achetée lors de la dernière Biennale des Antiquaires de Florence en septembre 2019. Deux sujets historique et religieux de Bartolomeo Passarotti, un Bolonais de la fin du XVIe siècle. Des œuvres peintes à l’époque pour un commanditaire toscan, et qu’on croyait perdues.

Une quinzième salle augure enfin de la suite. Elle se voit dédiée aux autoportraits avec des toiles allant du Bernin à Renato Guttuso, mort en 1987. Il s’agit d’une «anticipation» de la nouvelle présentation de la plus célèbre collection du genre, initiée par les Médicis au XVIIe siècle. Un ensemble complété jusqu’à nos jours avec des commandes passées aux personnalités semblant les plus marquantes. Presque jamais visible, cette galerie demeurait jusqu’ici entreposée dans le «corridor vasarien», reliant par-dessus l’Arno les Offices au Palazzo Pitti. Eike Schmidt entend bien rendre ce pan caché de l’histoire de l’art accessible. Du moins pour l’essentiel. Il y a en effet là 1600 tableaux. Ils exigeraient, pour une intégrale, un musée entier.

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