Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Quand Iain Pears racontait la Tutela del Patrimonio Culturale en sept polars.

A partir de 1991 (mais la première traduction date de 1999), l'auteur a raconté la police culturelle dans des romans au départ sautillants. A redécouvrir en 10/18.

Iain Pears, du polar au roman philosophique.

Crédits: Babelio.

Il était docteur en philosophie et historien de l’art, signant une thèse sur Marguerite Yourcenar. Une dame malicieuse certes, mais aussi terriblement sérieuse. Né en 1955, l’Anglais Iain Pears n’aurait cependant guère fait parler de lui s’il ne s’était pas lancé dans le polar en 1991. Comme bien des auteurs britanniques depuis Conan Doyle, il a ainsi inventé des personnages revenant de roman en roman. Flavia di Stefano travaillait ainsi à la Tutela del Patrimonio Culturale en tant que policière aux méthodes d’investigation très orthodoxes. Jonathan Argyll, avec lequel elle entretenait une relation peu platonique après avoir vu en lui un suspect, se servait de ses intuitions. Ainsi se trouvait inversé le couple traditionnel voulant que la femme se laisse aller à ses idées en apparence peu rationnelles. Pas l’homme.

Sorti en 1991, mais traduit en 1999 seulement aux Editons Belfond, «L’affaire Raphaël» fixait les personnages, dont faisait bien sûr partie le général. Un monsieur rondouillard, sans rapports avec l’actuel (voir l’article situé une case plus haut dans le déroulé de cette chronique). Les lecteurs, qui retrouvent aujourd’hui la série dans les «Détectives» de 10/18, sont obligés de commencer par ce premier tome. La suite semble plus libre, chaque titre se concentrant sur un aspect des coulisses de l’histoire de l’art. Le «Comité Tiziano» concernait les experts. «L’affaire Bernini» tournait autour d’un buste ayant atterri dans un musée américain ressemblant fort au Getty. Au fil des six ouvrages, le ton est devenu plus pessimiste, alors qu’il était au départ sautillant. Sorti de presse plusieurs années après (et toujours adapté en français avec le même retard), le septième épisode considérait la situation de la Tutela comme désespérée. «The Immmaculate Deception», alias «Le secret de la Vierge et l’Enfant», se terminait sur un échec total. Quand on a fait de la philosophie, on devient en général scrogneugneu, autrement dit bougon.

Depuis lors, sous l’influence à ce qu’on dit d’une nouvelle compagne, Pears s’est mis au roman philosophique sentencieux. Les deux que j’ai lus m’ont semblé ennuyeux à mourir. La respectabilité, ça n’est en général pas gai!

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