Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Prolongation! L'exposition Raphaël devrait reprendre sa course à Rome le 2 juin

On n'y croyait plus! La rétrospective dédiée au peintre pour les 500 ans de sa mort serait pourtant rouverte après accords avec les différents prêteurs. Fin le 30 août.

Une des salles, avec au premier plan un "carton" original du maître.

Crédits: Scuderie del Quirinale, Rome 2020.

Ça, je ne m’y attendais pas! Après trois mois d’interruption, l’exposition Raphaël de Rome va reprendre sa course. Ce sera le mardi 2 juin, qui correspond à l’avènement de la République après plébiscite populaire en 1946. Il faut dire que les Scuderie del Quirinale, qui proposent la rétrospective dédiée au peintre italien, mort en 1520, se trouvent juste en face du palais présidentiel. Un lieu magnifique abritant un illustre inconnu, Sergio Mattarella. Les visites pourront s’effectuer jusqu’au 30 août. Et ce tous les jours, de 9 heures du matin à 22 heures.

Ne vous précipitez pas tout de suite! D’abord, il faut arriver jusque dans la capitale italienne. Il y a ensuite tous les billets qui ont (ou qui n’ont pas) été remboursés. Il s’en était vendu 70 000 avant la clôture de la manifestation, après trois jours seulement de présentation publique. Les Scuderie précisent ensuite que l’accueil des visiteurs se fera «en respect des normes les plus strictes». Autant dire qu’il faut s’attendre à des bouchons multipliés par les distances de sécurité. Tout a de plus été aménagé sur les deux étages avant que de telles barrières sociales existent. Et il y a là 200 œuvres, dont 120 du maître entre les tableaux et les dessins... Un vrai gymkhana. 

Le problème des accompagnateurs

Comment la prolongation a-t-elle été obtenue? Officiellement grâce à la «disponibilité» et à la «solidarité» des prêteurs. Musées et quelques privés, les réalisations du peintre d’Urbin se faisant tout de même rares chez les particuliers. Ce sont là de grands mots. Je me souviens d’avoir lu début avril dans un journal italien (ne me demandez pas lequel, j’ai oublié) qu’il y avait eu un cafouillage. De tels tableaux ne sont pas arrivés seuls de la National Gallery de Londres ou de Washington, du Louvre ou du Prado. Ils avaient chacun leur accompagnateurs, qui après avoir fait le voyage, surveillaient la caisse et l’accrochage, plus l’hydrométrie et je ne sais quoi encore. Ces gens ont bien sûr eu peur de se retrouver confinés en Italie. Ils sont donc repartis comme des pets sur une toile cirée dans leurs pays respectifs. Plus personne dès lors n’avait le droit de manipuler la moindre œuvre. D’où une exposition restée telle quelle, comme si elle avait été mise au congélateur. Le problème ne semble d’ailleurs que vaguement résolu aujourd’hui. A mon avis, les convoyeurs ne feront leur rentrée qu’après la fermeture le 30 août. Sauf les Italiens. Et le Pôle Musée florentin assurerait à lui seul le quart des entrées du catalogue (publié chez Skira).

Voilà. Vous savez tout, c’est à dire presque rien. Qui vivra verra. Mais moi, cette exposition que je me faisais une joie de visiter (en dépit de la foule), je ne la verrai pas.

Pratique

L'adresse du site www.scuderiequirinale.it

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