Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Pour son actuel Comité associatif, "le Centre de la photographie genevois n'est pas en danger"

Je vous ai dit que son ex-directeur Joerg Bader ne voulait plus partir, alors que sa successeure est nommée. Charles Pictet voit là une péripétie aujourd'hui réglée.

L'entrée du Centre, rue des Bains.

Crédits: Centre de la photographie, Genève 2021.

Dans les «affaires» culturelles genevoises figure la suite du Centre de la photographie, ou CPG. Je vous ai parlé il y a quelques jours du revirement de son ex-directeur Joerg Bader. Il ne veut plus partir avant 2023, alors que tout semblait en ordre pour sa succession. Il faut dire que le personnage passe pour difficile. Et j’emploie ici une prudente litote.

Cela dit, je m’étais alors concentré sur la documentation fournie par l’ex-directeur et par l’un des médiateurs entre lui et le Centre. A la tête de l’association coiffant ce dernier, Charles Pictet n’était pas disponible. De retour à Genève, l’architecte tient à nuancer ce qui finit inévitablement par ressembler à la pièce de Luigi Pirandello, «A chacun sa vérité». Pour lui, Joerg Bader a bien quitté ses fonctions début juin. Il n’est simplement pas venu le 22 juin au vernissage de sa dernière exposition, dont il n’a pas été éliminé. Les problèmes ont en fait commencé il y a longtemps, quand il s’est agi de mener une enquête dans les milieux photographiques sur la pertinence d’un tel Centre dans le monde artistique d’aujourd’hui. Le 8e art a-t-il ou non été incorporé par les tous les autres? A-t-il besoin d’un lieu spécifique? On sait que la Ville de Genève a un temps envisagé la création d’un musée «ad hoc», ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Soutien de la Ville

Bader a mis les pieds aux murs. L’enquête en est restée à son premier volet. Il y a eu la tentative de régler la question de son départ à l’amiable avec deux expositions et un livre sur ses vingt ans d’activités. Puis les choses se sont gâtées, et le bientôt ex-directeur a parlé de cassation de contrat et d’aller aux prud’hommes. Puis est venue la fameuse séance de Comité du 29 juin. L’homme est venu accompagné de gens ne faisant pas selon Charles Pictet partie des membres de l’association. Ces putschistes ont demandé la dissolution du Comité. Un objet qui n’était pas à l’ordre du jour, et pour lesquelles les amis de Joerg Bader n’auraient eu de toute manière aucun droit de vote.

Aujourd’hui, ce Comité reste donc légitime. Il vient d’être reconnu comme tel par Sami Kanaan. L’engagement de Danaé Panchaud comme nouvelle directrice se voit donc validé. Elle entrera en fonction début 2022. «Il n’y aura pas de pape et d’anti-pape, comme vous en suggériez la possibilité», m’a dit Charles Pictet. Le Centre n’apparaît donc nullement en danger dans un proche avenir. La prochaine assemblée du Centre devrait se faire dans le calme. L’actuelle agitation reste une simple péripétie.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."