Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Piguet proposera dans quelques jours ses ventes d'automne. Petit tour d'horizon.

La maison genevoise ne propose pas de collections. Parmi les artistes annoncés il y aura Albert Anker, Sylvie Fleury, Georg Baselitz, Berthe Morisot et Auguste Rodin.

Le chien de Berthe Morisot.

Crédits: Piguet, Genève 2020.

Une soucoupe volante traverse une partie de l’image, quand on consulte pour l’édition de septembre 2020 le site de Piguet. L’astronef est dû à Sylvie Fleury, qui a conçu la chose en 2008. Il s’agit d’un des lots dont la maison attend le plus (entre 100 000 et 150 000 francs) pour les ventes qui se dérouleront les 22, 23 et 24 septembre. Les amateurs auront pu visiter les locaux de la rue Prévost-Martin les 18, 19 et 20 (1). Certains d’entre eux auront cependant déjà reconnu l’engin montré par la photo. L’œuvre se trouvait il y a deux ans à la première édition de «Sculpture Garden» aux parcs de La Grange et des Eaux-Vives.

Et autrement, que propose Piguet? Aucune collection dont le nom soit lié à un collectionneur ou à une famille connus. Il s’agit d’une série courante, avec tout de même quelques pièces phares. Parmi les peintures, je dois ainsi signaler un «Portrait de huguenot» dû à Albert Anker, qui ferait sévère même au Musée international de la Réforme (entre 100 000 et 150 000). Un chien sorti du pinceau de Berthe Morisot (de 40 000 à 60 000). Ou un Rodin prisé entre 100 000 et 150 000. Dans un genre plus accessible, il y a déjà un aigle aquarellé par Georg Baselitz en 1972 (15 000-25 000) ou, dans le genre «flashy», les seins d’Emmanuelle Seigner mis en valeur par Mario Testino (10 000-15 000). Notez cependant que cette photo, pour le moins sexuée, mesure 232 centimètres de large.

Sacs à main et bijoux

Il y a bien sûr quantité d’autres lots bon marché, dont certains ne manquent pas de charme. Les prix annoncés tiennent du cadeau. Mais il y a le hasard des mises. Le ravissant paysage italien d’Antoine-Edmond Joinville, daté 1839, se se contentera ainsi pas forcément de 250 francs. Il en ira peut-être de même pour les deux écrans de cheminée, d’un Louis XVI archi-strict, estampillés par Canabas. Piguet les prise entre 1000 et 1500 francs. Canabas était l’un des ébénistes français les plus recherchés vers 1960. Sans doute quelqu’un s’en souvient-il encore. Autrement, sautez dessus! Il faudra cependant compter davantage pour une rare table de changeur fin Louis XIV de Nicolas Sageot. Entre 20 000 et 30 000. Belle marqueterie Boulle. Fragile…

Le tableau de Joinville. Une estimation cadeau. Photo Piguet, Genève 2020.

Le catalogue est en ligne. Vous y trouverez comme de coutume beaucoup de peinture suisse, des sacs à main de luxe en pagaille et de très nombreux bijoux. Piguet évolue. La maison ne proposera plus que trois ventes à la criée (j’aime bien l’expression) le soir à 19 heures. Le reste se passera sur le Net, avec pas moins de dix ventes spécialisées. Le public pourra ici miser du 11 septembre au 22. C’est long, douze jours…

(1) Voire les 15, 16 et 17 sur rendez-vous préalable.

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