Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Piguet a proposé ses ventes aux enchères de juin à Genève. Elles ont rapporté 5,7 millions

Aucun chef-d'oeuvre. Nulle collection révélée au public. Tout ne s'en est pas moins bien passé cette semaine, tant en ligne qu'au marteau.

Un clip de Chaumet, créé en 1970 à partir d'une parure de 1939 de la même maison, a bondi à 150 000 francs. Il faisait la couverture du catalogue papier.

Crédits: Piguet, Genève 2021.

Tout s’est bien passé. Sans passion, mais sans réels trous d’air. Les ventes de Piguet a Genève ont ainsi dégagé un chiffre d’affaires de 5,7 millions entre le 8 et le 10 juin. La part du commerce en ligne augmente. Il a cette fois représenté un volume de 2,8 millions. Mais il faut aussi tenir compte des réalités arithmétiques. Il y a eu en quatre sessions 362 objets vendus au marteau contre 2650 sur Internet. Comme quoi on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut…

Nous étions peu de monde dans la salle, du moins lors de mes incursions du mardi 8 juin pour le mobilier et du mercredi 9 juin lors de la dispersion du mobilier. On le dit. On le répète. Le marché de l’art se situe désormais derrière les petits écrans. Cela rappelé, la chose ne semble pas valable partout. Elle l’est néanmoins devenue au 51, rue Prévost-Martin à Genève. Il y avait beaucoup de téléphones. Des offres numériques aussi, presque toujours en décalage. Le système ne favorise pas vraiment les internautes. Et puis, tout de même, quelques fidèles assis sur leurs sièges. Dont quelques Russes. Les Russes achètent encore beaucoup.

L'oiseau a chanté assez haut

Pas de records pour venir bouleverser le marché. Il n’y avait pas non plus cette fois de grande collection. Pour Jean-Louis Roy et Alain Gruber, c’étaient les restes, même s’il s’agissait de beaux restes. La cage à oiseau chantant a néanmoins quintuplé son estimation à 118 500 francs, frais compris. Le grand et beau dessin de Salvador Dali est parti à 137 000 francs, soit presque au haut de la fourchette prévue. Les deux vitrines à mi-chemin entre le Louis XV revisité et l’Art Nouveau de Linke ont obtenu un total de 62 500 francs. Le quadruple des espérances. Une minuscule broderie d’Alighiero Boetti a culminé à 41 000 francs.

D’une manière générale, Piguet reflète un goût traditionnel, que les modernistes qualifieraient volontiers aujourd’hui de retardataire. Mais après tout, il n’y a pas que les jeunes dans la vie. Et il ne faut pas oublier que si certaines salles de vente se portent bien, les antiquaires se meurent. D’où un déplacement de la clientèle. Où trouver ailleurs à Genève ce qui se voit proposé trois ou quatre fois par an chez Piguet? Cela dit, il y a fatalement eu cette semaine des invendus. Légèrement plus que d'habitude, à mon avis. Mais chacun peut faire ses ici ses "after sales"!

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."