Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PHOTO/La Fondation Auer-Ory d'Hermance montre la Venise de Pétremand

Crédits: Gérard Pétremand

Tous les photographes (ou presque) s'attaquent à Venise. Venise est un piège. Il devient difficile d'en montrer un nouvel aspect, à moins de se contenter de donner de productions touristique, comme Fulvio Roiter, mort l'an dernier à 89 ans. 

Gérard Pétremand s'est retrouvé en résidence dans la ville. Le Genevois l'a surtout parcourue le soir, quand la cité s'est dégorgée de ses touristes. Venise de nuit constitue un désert, où seuls passent quelques habitants fantomatiques. Officiellement, ils ne seraient plus que 55 000. Officieusement, bien moins. La Ville donnerait un peu (voire beaucoup) de tonus aux chiffres. Il se trouve donc fort peu de monde sur les images, aux flous contrôlés et aux couleurs éteintes, que l'artiste propose à la Fondation Auer-Ory d'Hermance. Même en comptant les chiens partis en promenade hygiénique.

Deux séries distinctes 

«Il y a ici deux séries», explique Michèle Auer dans l'espace de la rue du Couchant. «Dans la première, Gérard photographie la ville au premier degré. C'est celle qui fait l'objet de notre publication actuelle.» Effectivement! Il n'y a qu'elle dans ce joli petit livre, à la couverture bleu ciel, portant l'inscription «carnet No 19». Le sous-sol abrite cependant une seconde suite, en largeur et non plus en hauteur. Clichés par ailleurs plus grands. «Pétremand a projeté sur des papiers superposés et froissés, parfois même imprimés (1), des vues de la place saint-Marc inondée. C'est ce qui explique les brisures de l'image.» On retrouve là le côté expérimentateur de l'homme, qui s'amuse ainsi depuis la fin des années 1950 (Pétremand est né en 1939). 

Vous vous étonnez peut-être du fait que je parle d'une exposition à la Fondation Auer-Ory, après vous avoir annoncé il y a quelques jours sa probable fermeture? La vie est pleine de contradictions. Michèle Auer parle aujourd'hui de «cri d'alarme». Il faut tenter de trouver une solution positive aux problèmes de financement et de continuité. Michel et Michèle devraient ainsi rencontrer l'assistante de Sami Kanaan pour le 8e art. Ils ne m'en diront pas plus. Je sais juste par d'autres sources que la dame, en congé maternité lors des «50 jours pour la photographie» genevois de l'an dernier, est de retour. Il semblerait qu'il s'agisse plutôt d'une personne spécialisée dans les arts vivants, dont la danse contemporaine, mais tout s'apprend. 

A part cela, la numérisation du patrimoine de la fondation continue... 

(1) J'ai reconnu une page du catalogue de la Biennale de 2015.

Pratique 

«Gérard Pétremand, Venise & Venise, décors froissés», Fondation Auer-Ory, 10, rue du Couchant, Hermance, jusqu'au 15 mai. Sur rendez-vous uniquement. Tél. 022 751 27 83, courriel auer@auerphoto.com Site www.auerphoto.com Le carnet No 19 comporte un court texte de Pascale Lorenz. 

Photo (Site de Gérard Pétremand): Venise le soir. L'une des rares images horizontales de la série «classique». 

Ce texte est immédiatement suivi d'un autre sur une exposition photo à Carouge et un troisième sur les «Rencontres» de Bienne.

Prochaine chronique le mercredi 15 février. A la découverte par le livre de l'architecte François Mansart. Un des grands noms du XVIIe siècle français.

 

 

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."