Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Photo Poche accorde un petit livre à Sabine Weiss et un autre JH Engström

La collection française fondée en 1982 continue avec une nonagénaire aujourd'hui fêtée et un Suédois méconnu sous nos latitudes.

Mendiant, Tolède, 1950, par Sabine Weiss. La photo de couverture.

Crédits: Sabine Weiss.

Je vous en parle parfois, mais pas toujours. Il faut dire que la collection Photo Poche, créée par Robert Delpire en 1982, continue son chemin sans faiblir de rythme. Les ouvrages dont je vais vous parler portent les numéros 166 et 167. Ils sont consacrés à des artistes vivants et en bonne santé. Si JH Engström est né en 1969, Sabine Weiss n’en célèbre pas moins ses 97 ans en juillet 2021. Un bel exemple de longévité créative, même si la Suissesse tend aujourd’hui à revisiter des archives qui finiront à l’Elysée lausannois. Je me suis du reste étonné que la nonagénaire n’ait pas déjà trouvé sa place dans ce modeste équivalent de la Pléiade pour les créateurs du 8e art.

La couverture n’a jamais changé. Le principe reste toujours le même. Un texte court et clair. Des données biographiques. Et surtout des images, sévèrement choisies. La place reste tout de même limitée, et il n’y a de photos que sur les pages de droite. Pour la Sabine Weiss, la sélection offre avant tout des reflets des années 1950, quand l’alors jeune femme faisait partie de la mouvance dite «humaniste». La pauvreté d’une France sortant le la guerre ou d’une Espagne ployant sous la dictature avait quelque chose d’éminemment photogénique. Sabine s’attardait sur les enfants, les vieux et les marginaux, ce qui ne l’empêchait de travailler pour «Vogue». Tout ne se révèle pas ressassé. Je n’avais jamais vu la série (censurée à l’époque) faite sur la colonie familiale pour aliénés du Dun-sur-Auron en 1951-1952, ni les images du premier voyage à New York en 1955.

Le JH Engström.

JH Engström constitue une figure bien moins connue. Le Suédois a passé son enfance entre le Värmland et Paris, où ses parents se sont un temps installés. Revenu à Stockholm, il a partagé un moment l’atelier du grand Anders Petersen. Il mettra du temps à se dégager de son influence pour donner un œuvre intime et dérangeant. Engström s’est concentré sur le livre. Il en a donné dix-huit. Le cinéma l’a également tenté, comme avant lui son autre mentor Robert Frank. Il reste bien entendu plus ardu de rentrer dans son œuvre que dans celui de Sabine Weiss. Il y a dans son style résolument contemporain un refus du beau qui constitue après tout aussi une forme d’esthétisme. J’avoue n’avoir jamais vu ses photos que dans des livres ou des revues. Mais Photo Poche sert aussi de véhicule pour des personnalités qui peinent à se voir montrées physiquement sous nos latitudes.

Pratique

«Sabine Weiss», texte de Virginie Chardin, «JH Engström», texte d’Urs Stahel (qu’on a connu comme cofondateur du Fotomuseum de Winterhour), Photo Poche, pages non numérotées.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."