Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PERPIGNAN/Le Musée Hyacinthe-Rigaud a enfin rouvert ses portes

Crédits: Journal "L'Indépendant"

Salvador Dalí, qui était presque voisin en vivant à Cadaqués, pensait que la gare de Perpignan constituait le centre du monde. J'ignore ce que le surréaliste aurait pensé de la marquise aux vitres orange qui la défigure aujourd'hui. Mais la question ne semble pas d'actualité. Le présent, pour la ville du Roussillon, c'est la réouverture le 24 juin du Musée Hyacinthe-Rigaud, après plusieurs années de travaux. Il en a coûté aux différentes collectivités un peu moins de 9 millions d'euros. On reste ici très en-deçà des tarifs helvétiques... 

Pour mener à bien l'opération, il a fallu intervenir dans deux bâtiments patrimoniaux de la Vieille Ville, qui a elle-même subi de nombreux ravalements depuis quelques décennies. Le musée occupait déjà une large portion de l'ancien Hôtel de Lazerme depuis la fin des années 1970. Le dernier comte, Jacques, avait vendu la demeure ancestrale à la Ville en 1973. Avec une condition. Il gardait avec son épouse la jouissance d'une partie des lieux. Pour voir plus grand, la cité a dû attendre. Paule de Lazerme est morte en 2012 à 102 ans.

Une surface triplée

Les travaux actuels, qui aboutissent à un intérieur moderne, sauf pour quelques petits espaces préservés, triplent la surface d'exposition, qui devait rester bien modeste. Sur deux étages, le visiteur peut découvrir la collection, plus une exposition temporaire. A tout seigneur, tout honneur. Né ici en 1659, juste avant que la France n'annexe le Roussillon en vertu du traité des Pyrénées, Hyacinthe Rigaud se voit représenté par de beaux portraits louis-quatorziens, dont ceux de sa propre personne et celui, immense mais spectaculaire, du cardinal de Bouillon. Les amateurs pourront aussi découvrir un Rigaud religieux. Inspiré, du reste. 

Il y a aussi de la peinture gothique catalane, mise en dépôt par le Louvre dès 1957. Elle venait rejoindre la pièce patrimoniale par excellence. J'ai parlé du «Retable de la Trinité», entré au dans sa salle actuelle chausse-pied vu sa hauteur. L’œuvre remonte à 1494 et décorait à l'origine la Loge de Mer. La suite se révèle plus légère. Un peu mince, même. Maillol, Dufy et Lurçat sont les principaux représentants modernes. Il y a bien sûr eu quelques prêts récents consentis par Paris. Mais on ne peut pas dire que la capitale se soir saignée à la gorge. Le public se retrouve, en mineur, dans le même cas de figure qu'à Valence, rénové et agrandi par Jean-Paul Philippon. La belle enveloppe manque d'un contenu un peu substantiel, Valence ayant tout de même les Hubert Robert.

Photo ("L'Indépendant"): L'entrée actuelle du Musée Hyacinthe-Rigaud. 

Ce texte se voit immédiatement suivi d'un autre sur l'exposition Picasso de Perpignan, avec les données pratiques.  

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