Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Paul Gauguin au Grand Palais. Eh oui, on va remettre la compresse!

Crédits: Paul Gauduin/DR

C'est reparti pour un tour! Paul Gauguin (1848-1903) revient au Grand Palais, où il a déjà joué les superstars en 1989 et en 2004. Il s'agit autant de le présenter aux jeunes générations que de remplir les caisses d'une institution misant souvent (commercialement) sur de mauvais chevaux. On sait avec l'artiste français qu'il devait y avoir des files d'attente immenses, mêmes si les e-billets ont changé la donne. Notez que Vigipirate s'est chargé depuis quelque temps de rétablir l'ordre ancien. Il faut à nouveau piétiner avant de voir. 

Evidemment, l'institution modifie un peu le titre chaque fois. En 2017-2018, c'est «Gauguin, L'alchimiste», ce dernier mot ayant retrouvé un regain de fortune depuis le roman de Paulo Coelho. «Comment crée-t-on quand on est Paul Gauguin?», dit la publicité. Cela ne saurait être comme tout le monde. La coproduction entre Paris et Chicago nous expliquera donc ça en 200 œuvres: peintures, céramiques, bois sculptés, estampes et dessins. Certaines toiles apparaissent bien connues. Il s'agit toujours des mêmes. Vous reconnaîtrez de vieilles connaissances si vous avez passé par la Tate Gallery de Londres en 2010-2011 ou à la Fondation Beyeler en 2015. J'ignore si le célébrissime «Qui sommes nous? D'où venons-nous? Où allons-nous?» sera de la parie. A Bâle, il avait fallu un sponsor spécial pour payer son transport depuis Boston, plus son assurance. Un million de francs à ce qu'il s'est murmuré à l'époque.

D'autres grands peintres attendent... 

Tout cela est très bien, mais une fois de plus il va pleuvoir où c'est mouillé. D'autres expositions s'imposent autour de Gauguin. Celle sur Emile Bernard s'est déjà faite à l'Orangerie. Trois années fulgurantes au début. Supérieures sans doute à Gauguin lui-même. Puis une chute interminable et sans rémission. Il faudrait maintenant s'intéresser à Paul Sérusier, le troisième surdoué du trio breton. Mais c'est évidemment moins grand public. Moins séduisant aussi. Un petit rien fait que les femmes en coiffe de Pont-Aven semblent moins glamour que les filles aux seins nus de Tahiti ou des Iles Marquises. Ces dernières font par ailleurs oublier qu'un génie comme Gauguin n'est pas tous les jours au mieux de sa forme. Il n'y a pas que des chefs-d’œuvre dans sa production...

Pratique

«Gauguin, L'alchimiste», Grand Palais, Paris, du 11 octobre au 2 janvier 2018.

Photo (DR): Ce sont fatalement toujours les mêmes tableaux qui tiennent la vedette...

Ce texte intercalaire complète celui, immédiatement au-dessus, sur les expositions internationales de la rentrée.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."