Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Le Musée d'art moderne de la Ville change son accrochage

Crédits: DR

Je vous ai dit récemment la manière dont le Centre Pompidou avait regarni l'étage contemporain de son Musée national d'art moderne. Celui de la Ville de Paris, qui constitue un concurrent d'autant plus direct que les visites sont ici gratuites, vient de faire la même chose. L'idée était à la fois de se renouveler et de mieux respecter le cadre architectural. Après avoir été honnis, les magnifiques bâtiment élevés pour l'Exposition internationale de 1937 sd retrouvent aujourd'hui sacralisés. Ils méritent le coup d’œil, ne serait-ce que pour les bas reliefs d'Alfred Janniot. 

Mais revenons-en au musée. Ce dernier dispose de solides collections, qui s'accroissent lentement. Municipal, le lieu ne bénéficie pas de dations. Le fonds classique se base sur les legs de Maurice Giradin en 1953 et d'Henry Thomas en 1976 et 1984. Ils vont des fauves à Bernard Buffet, qui a d'ailleurs fait il y a quelques mois l'objet ici d'une rétrospective. Les ont complétés des achats et diverses largesses, dont celle de la veuve de Giorgio de Chirico. Il arrive aussi que des mécènes préfèrent le Musée d'art moderne. Une entité moins conflictuelle. Celle-ci a connu à sa tête Suzanne Pagé (aujourd'hui à la Fondation Vuitton) et se trouve aujourd'hui sous l'autorité de Fabrice Herrgott. Le galeriste Michael Werner a ainsi consenti en 2012 une énorme donation d'art allemand contemporain. Citons enfin le travail des Amis, qui en sont ici des vrais. Le grand Christopher Wool arrivé en 2008, c'est par exemple eux.

Chronologie brisée 

Brisant la chronologie, le parcours actuel commence par de l'abstraction française. Le Musée d'art moderne a tout récemment acquis des Hans Hartung des dernières années, brossés entre 1986 et 1989. Ils ont pris place auprès de toiles d'Hantaï ou de Zao Wou-Ki. Suit une salle «autour de Robert Delaunay», qui avait beaucoup travaillé pour l'Exposition de 1937. Puis viennent deux salles d'arts décoratifs, avec d'autres meubles et objets qu'avant ce «relookage». La chronologie commence ensuite, dans des espaces plus petits, avec quelques fauves magnifiques, des Modigliani (1) ou des Fautrier. Il y a sur les murs des nouveautés comme «Le peignoir jaune» (1935) de Tal-Coat ou quelques Atlan offerts par le galeriste Jacques Elbaz. Un cabinet aligne l'intégralité de la «Suite Vollard» de Picasso, rarement montrée dans son entier. Le parcours s'achève, après une partie contemporaine, dans une Salle Matisse restaurée, où brillent deux des ses colossales «Danse» (dont l'une inachevée). C'est dans l'ensemble très réussi. 

(1) Tous n'ont pas été volés en 2010. Une affaire jamais élucidée en dépit du procès de février 2017.

Pratique

Musée d'art moderne de la Ville de Paris, 11, avenue du président-Wilson, Paris. Tél. 00331 53 67 40 00, site www.mam.paris.fr Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Entrée gratuite pour les collections permanentes.

Photo (DR): Le bâtiment de 1937, qui abrite à gauche le Palais de Tokyo et à droite le Musée d'art moderne de la Ville de Paris. Sur les murs, les bas-reliefs d'Alfred Janniot.

Texte intercalaire.

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