Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/La galerie Daniel Templon expose Pierre et Gilles. Il y a photo!

Crédits: Pierre et Gilles/Galerie Daniel Templon, Paris 2018

Il y a quarante-deux ans qu'ils ont commencé leur travail commun, mais la source d'inspiration n'est de loin pas tarie. Pierre et Gilles ont connu une année 2017 chargée avec une grosse rétrospective à Bruxelles et au Havre: «Clair-obscur». Celle-ci leur avait conféré une belle visibilité à Paris. La Gare du Nord était remplie de leur images colorées et volontairement kitsch. Le lieu allait du reste comme un gant aux duettistes, avec sa somptueuse architecture surannée. Notons que les artistes ont par ailleurs participé à neuf expositions collectives l'an dernier... 

En ce début de 2018, les photographes-peintres reviennent dans la capitale. Ils se retrouvent sur les vénérables cimaises de la galerie Daniel Templon, dans le Marais. On ne peut pas dire que cette dernière joue les exhibitionnistes. Elle se divise en deux, tout près du Centre Pompidou, la principale se retrouvant au fond d'une cour. Le comble de la respectabilité parisienne. On se croirait chez Jeanne Bucher, à la différence près que le quartier Beaubourg ne s'est pas révélé au final propices aux galeries.

Sylvie, Gérard et Dita

Que trouve-t-on cette fois au programme? Mais la même chose que d'habitude, même si le tandem arrive toujours à découvrir de nouvelles idées! Tout peut en effet rentrer sous le label de «Le temps imaginaire». Il y a donc Sylvie Vartan. Elle aura toujours 20 ans avec ces flatteurs, alors que la chanteuse approche des 75. Gérard Depardieu. Mais attention! Là il s'agit d'un faux, le vrai ne pouvant plus guère faire illusion. Pourtant fort peu glamour en temps normal, Isabelle Huppert s'est prêtée au jeu. Elle fait assez pâle figure aux côtés de Dita von Teese, qui parvient comme toujours à allier la classe, la fantaisie et ce qu'on appelait naguère le sex-appeal. Notons au passage, que pour un cliché dramatique, Pierre et Gilles ont mis en scène le suicide du peintre Bernard Buffet. Un créateur qui a beaucoup compté pour eux. Il y a aussi des petits jeunes. Il faut bien assurer la relève. 

«Le temps imaginaire» ne constitue sans doute pas la meilleure exposition des deux Français. Que voulez-vous? On ne se situe pas toujours au sommet de sa forme. L'accrochage s'est pourtant vu traité comme une grosse exposition muséale par la presse. Les duettistes, qui ont pris de l'âge depuis l'époque où ils se photographiaient en mariés, jouissent dans les médias d'une formidable cote d'amour. Elle semble bien méritée. D'abord, ils ont du talent. Ensuite, il paraît que c'est un rêve de travailler avec eux. Enfin, ils touchent tout les publics, du premier degré jusqu'au niveau d'ébullition, autrement dire cent. 

Avec tout cela, le plus étonnant demeure que peu de gens savent vraiment lequel est Pierre et lequel se prénomme Gilles. Ni qui photographie et qui peint par dessus. C'est ça l’œuvre collective!

Pratique

«Pierre et Gilles, Le temps imaginaire», Galerie Templon, 30, rue Beaubourg, Paris, jusqu’au 10 mars. Tél. 00331 42 72 14 10, site www.templon.com Ouvert du lundi au samedi de 10 à 19h. 

Photo (Pierre et Gilles/Galerie Daniel templon): Sylvie Vartan, qui aura toujours 20 ans avec les duettistes.

Texte intercalaire.

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