Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Drouot publie son gros livre sur les enchères de 2017. Prestige only!

Crédits: Seen/Etude Crait et Muller, Hôtel Drouot, Paris 2017

C'est gros et c'est lourd. Il s'agit d'en imposer au chaland. Drouot a sorti son livre annuel sur les ventes qui s'y sont déroulées en 2017. Il y en a eu plus de 1200 l'an dernier. Un nombre en baisse, cependant. Il suffit de se rendre dans le bâtiment. Entre les vacances, toujours plus longues, et les fermetures d'étage pour cause d'absence de marchandise, l'Hôtel reste aujourd'hui très loin de la ruche qu'il a longtemps constitué. 

Inutile de préciser que l'ouvrage actuel, vendu 65 euros, ne parle que des vacations de prestige. C'est sans doute pour faire le deuil de Drouot Montaigne, sur le bas-côté du Théâtre des Champs-Elysées, qui servait jadis au dispersions les plus médiatiques. Il s'agit aussi de faire la pige à Christie's, à Sotheby's et maintenant à Artcurial, qui ont le vent en poupe. Les œuvres reproduites par matière (tableaux anciens, tableaux modernes, art contemporain et art urbain...) ont par conséquent suscité des enchères à au moins cinq chiffres. Six si possible. Le million d'euros reste rarement dépassé à Drouot.

Préface de la ministre 

Le sommaire commence par une préface du Ministre de la culture. On espère que Françoise Nyssen n'a pas écrit ce texte elle-même, tant il rassemble de platitudes. L'introduction est, elle, d'Alexandre Giquello, le président de Drouot Patrimoine. C'est la première fois que l'homme s'exprime à ce titre dans cette série de livres. La suite débute avec «Le temps des collections». Les 110 commissaires priseurs (un nombre proprement affolant) sont en effet parvenus à attirer des ensembles comme les objets africains de Madeleine Meunier, les livres anciens du Genevois Jean Bonna, les céramiques de Christiane et Jean-Pierre Guerlain ou le contenu du château de Villepreux, ce dernier émiettement ayant été hautement contesté par les amis de l'Histoire. 

Cela dit, il s'est vu proposé de fort bonnes choses l'an dernier à l'Hôtel dans tous les domaines. Les images de ce livre luxueux le prouvent. Le texte n'apparaît hélas pas à la hauteur. Il s'agit ni plus ni moins que d'une énorme dépliant publicitaire. Aucune critique. Aucune analyse. Aucune signature par ailleurs... (1) Je regrette le temps (la fin des années 1980) où les ventes aux enchères non seulement de Drouot, mais de province, de Christie's et de Sotheby's, faisaient l'objet de recensions publiées par Belfond/Connaissance des Arts. François Duret-Robert se chargeait de la France. C'était déjà acide, Souren Melikian s’occupait de l'étranger. L'analyse devenait sulfurique. On se montrait moins respectueux à l'époque. 

(1) Il s'agit d'extraits de la «Gazette Drouot». 

Pratique

«L'art et les enchères 2017, Drouot», édité par Drouot Patrimoine, 384 pages. Le tout est daté de novembre 2017, alors que l'année n'était en fait pas terminée. Le livre actuel part donc de novembre 2016.

Photo (Etude Crait et Muller). Le "street art" s'impose aujourd'hui à Drouot. Il y a ainsi eu une vente spécialisée le 28 avril 2017. Voici "Wolferin" de Seen.

Texte intercalaire.

 

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