Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

PARIS/Artcurial va vendre les cadres anciens du Genevois Pierre Berndt

Crédits: DR

C'est un catalogue de vente qui sent un peu la pierre tombale, même si l'intéressé reste en vie. Avec la fermeture du magasin de Carouge, c'est en effet l'aventure d'un beau magasin genevois qui se termine. Si la vacation annoncée par Artcurial pour le mardi 14 novembre porte le nom de Pierre Berndt, la maison restait connue sous celui de son fondateur André Buchs. Ce dernier s'était installé Grand-Rue. Il occupait l'espace laissé vide par le magasin d'antiquités Grandes Epoques, qui a longtemps tenu à Genève le haut du pavé, avant de faire patatras. 

Pierre Berndt a passé sa vie dans le cadre ancien et le bois doré. Apprenti à 15 ans, il avait, comme le dit l'expert Vincent Guerre au début du catalogue, «avec sagesse gravi les échelons du métier avant de reprendre en 1989 avec son épouse la succession du professionnel du cadre ancien André Buchs.» Ce spécialiste proposait avant tout là des pièces italiennes allant du XVIe au XIXe siècle. La Péninsule se composant alors d'une poussière d'Etats, il y avait un monde entre le goût de Bologne et celui de Naples. La réputation de la maison était internationale. Il y avait Buchs à Genève et Montanari à Paris, avant que ne monte dans la capitale la gloire d'Antoine Béchet. Ce dernier, qui est un homme charmant, fait aujourd'hui travailler toute une équipe rue de Louvois. On dit aujourd'hui dans la capitale d'un tableau bien encadré qu'il a été «béchetisé».

Une discipline très Artcurial 

La Vieille Ville genevoise connaît des hauts et des bas. Il y a dix ans, le fond semblait atteint. Art en Vieille Ville a amené un renouveau, qui tend parfois à s'estomper. Pierre Berndt a donc déménagé pour s'installer de manière moins spectaculaire à Carouge. Il vient de fermer boutique. L'homme a travaillé avec Vincent Guerre sur le catalogue. Artcurial s'imposait pour la liquidation. La maison organise régulièrement des ventes de cadres, ce que ne font guère (tiens Guerre et guère...) les autres firmes. Ces vacations se voient assumées par le département des tableaux anciens, que gère l'excellent Matthieu Fournier. La suivante se déroulera à Artcurial fin janvier 2018. 

Il y aura le 15 novembre 281 numéros. Tout ne se révèle bien entendu pas du même intérêt, d'où de spectaculaires différences d'estimation. Celles-ci se révèlent souvent prudentes, pour ne pas dire plus. J'ai repéré un cadre d'époque Louis XIII prisé entre 250 et 350 euros. D'autres frôlent les 10 000. L'objet le plus cher me semble une console romaine du XVIIIe siècle. Elle en impose pour ne pas dire qu'elle en jette. Entre 15 000 et 20 000 euros. On reste bien loin des tarifs musclés pratiqués naguère chez Buchs. Revenons à la console. J'imagine parfaitement ce meuble chez moi. Il n'est pas du genre modeste.

Pratique 

«Pierre Berndt, Une vie de passion pour le cadre ancien et le bois doré», Artcurial, 7, rond-point des Champs-Elysées, Paris. Tél. 00331 42 99 20 26, site www.artcurial.com Vente le mardi 15 novembre à 10h30, visites les 10, 11 et 13 novembre de 11h à 19h (18h le 11 novembre).

Photo (DR): L'ancienne enseigne de Buchs, qu'on a longtemps connu à la Grand-Rue genevoise.

Texte intercalaire.

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