Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Paris ouvre en 2021. La Fondation Pinault a défini sa nouvelle politique à Venise

Bruno Racine prévoit des confrontations entre l'ancien et le moderne. Le Palazzo Grassi ou la Punta della Dogana pourraient aussi servir de lieu muséal à la Collection.

Bruno Racine, qui en dira davantage courant juillet.

Crédits: Thomas Samson, AFP

Je vous en avais parlé il y a quatre mois. Bruno Racine avait alors, si j’ose dire, pris racine dans les musées privés de François Pinault à Venise, où il a remplacé Martin Béthenod parti à Paris (https://www.bilan.ch/opinions/etienne-dumont/grassi-et-punta-della-dogana-bruno-racine-dirigera-la-fondation-pinault-a-venise). Il fallait bien que le monsieur, qui s’est installé il y a peu en personne dans la Ville des Doges, ouvre une fois la bouche devant la presse. Bruno Racine l’a fait le 8 juin, du moins à moitié. Une nouvelle conférence de presse, plus détaillée, se voit prévue courant juillet. Pour le moment, l’homme en est donc resté aux grandes lignes, comme le rapporte Veronica Roverigo sur le site de «Giornale dell’arte». Il faut un début à tout.

Youssef Nabil sera montré à partir du 11 juillet. Photo Youssef Nabil, Fondation Pinault, Venise 2020.

Que retirer de ses propos? Tout d’abord que le versant italien de la Fondation Pinault continue sur sa lancée. Pas tout à fait comme si de rien n’était. Mais il faut voir ses relations avec l’ex-Bourse du Commerce, qui ouvrira en 2021, comme positives. «Il y aura des synergies. Sans doute même des reprises. Mais pas telles quelles. Un projet né petit en France pourra ainsi se développer à Venise.» Bruno Racine s’est naturellement bien gardé de dire si le contraire semblait aussi envisageable. Le Palazzo Grassi et la Punta della Dogana pourraient en revanche se montrer moins contemporains que Paris. «Il faut imaginer un dialogue entre l’ancien et le moderne», a expliqué Bruno Racine. Les deux lieux lagunaires pourraient ainsi illustrer «des continuités et des ruptures», ce qui n’a selon moins rien de bien original et a fortiori de révolutionnaire. J’en profite pour rappeler que François Pinault, au moment où il s’est emparé du Grassi, avait promis d’y maintenir les présentations d’archéologie qui avaient fait le succès de la maison («Les Phéniciens», «Les Celtes»…) Il n’a jusqu’ici tenu parole qu’une seule fois avec «Rome et les Barbares» en 2008. C’est très long, douze ans…

Expositions de photo en 2020

Autre donnée fondamentale, il est possible que le Grassi ou la Punta cesse de rester un endroit voué aux seules présentations temporaires. L’un des deux pourrait servir dorénavant de musée. Il présenterait alors, par roulement, l’énorme Collection Pinault. Il s’agirait du coup d’un travail sur le fonds constitué par un homme aujourd’hui âgé de 83 ans. On en saura sans doute davantage en juillet.

"Simiane, la rotonde" d'Henri Cartier-Bresson, Photo Succession Robert Cartier-Bresson, Magnum, Fondation Pinault, Venise 2020.

Pour le moment, Bruno Racine avait encore l’actualité à signaler. Les accrochages devraient commencer à Venise le 11 juillet. Ce sera de la photo. Il y aura celle de Cartier-Bresson sous le titre de «Le Grand Jeu». Du classique. L’autre manifestation se verra dédiée au contemporain Youssef Nabil, né en 1972 au Caire. Un créateur plein d’imagination déjà présenté à la Maison européenne de la photographie de Paris en 2012. Vu les conditions sanitaires, la Fondation Pinault incite à une réservation préalable. Elle ne pourra accueillir «que» 300 personnes à la fois. Je n’irai pas jusqu’à affirmer qu’elle se monte un peu le cou. Mais il n’y a jamais 300 personnes en même temps au Grassi ou à la Punta. Je dirais 30 les bons jours. Les mauvais, ce serait même plutôt trois. Cela dit, Cartier-Bresson, c'est tout de même plus public qu'Urs Fischer ou que Sigmar Polke.

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