Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Pace expose de jeunes Genevois dans sa galerie sous le titre de "Cast A Shadow"

L'une de maisons les plus chères du monde montre cette fois des débutants, présentés comme des vedettes. Les prix partent un peu au-dessus de 1000 francs.

La miniature servant d'image emblématique.

Crédits: DR.

Il y avait foule devant la galerie Pace à Genève. Nous étions le jeudi 29 juillet. Une date plutôt insolite pour un vernissage, dont l’essentiel se passait comme il se doit cette année dehors. Il se trouvait là des gens plus jeunes et apparemment moins friqués que ceux fréquentant normalement cette multinationale huppée du marché de l’art. A partir d’un certain prix, la clientèle de l’art contemporain ressemble souvent aux pensionnaires d’un EMS suisse ou d’un Ehpad français. Que pouvait-il donc se cacher derrière cette exposition estivale intitulée (en anglais bien sûr) «Cast A Shadow»?

Eh bien, vous ne me croirez peut-être pas, mais l’illustre maison Pace (comment doit-on au fait prononcer, «pèsse» à l’anglaise ou «patché» à l’italienne?) montre des débutants. Moins que ce qu’on appelle en temps normal, avec des mines gourmandes, des «émergents». Il s’agit en plus de gens directement liés à Genève. Le commissaire Lucas Cantori a collaboré avec des gens travaillant pour Pace ici. En tant qu’employés. «Leur maniement quotidien d’œuvres d’art leur a conféré une intimité unique avec des noms représentés par Pace». On sait que la galerie, fondée en 1960, en possède une quantité. Elle les gère en toutes liberté depuis sa rupture avec Wildenstein, qui lui a revendu ses parts de 49 pour-cent pour la somme 100 millions de dollars en 2010. Wildenstein, vous le savez comme moi, connaît quelques petits problèmes avec la Justice…

Une constellation

Qui sont les exposés actuels du quai des Bergues? Jonathan Vidal, 30 ans, vient de la HEAD. Basé à Genève, Paul Paillet sort d’une école de Dijon (la ville du Consortium). Le Brésilien Paulo Wirz, 30 ans également, se partage entre Genève et Zurich. Le Californien Hunter Longe, un senior de 35 ans, habite en ce moment notre ville. Lucas Cantori les montre comme s’il s’agissait d’une constellation. Une miniature médiévale sert d’ailleurs d’image de ralliement à «Cast A Shadow». Au centre de la galerie se trouve en plus un bronze représentant le soleil. Il s’agit ici d’une sculpture de Kiki Smith, la dame étant annoncée au Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne pour octobre. Une star, cette fois. Il en faut bien une (1).

En dépit de ses prétentions, l’ensemble actuel ne réserve pas de surprise majeure. Ah si, tout de même! Les prix. Il y a cette fois un ou deux zéros de moins qu’en temps normal chez Pace. Vu le niveau atteint par les loyers actuels du quai des Bergues, qu’on dit phénoménaux (environ cinq fois ceux des Bains), la galerie ne peut pas se permettre ce genre de choses tous les jours. Partir à peine au dessus de 1000 francs...

Si cette initiative apparaît sympathique, j’ai tout de même noté qu’elle ne figure pas sur le site international de Pace, du moins dans mon état des recherches. Pas assez distinguée?

(1) Kiki sera aussi chez Pace en septembre.

Pratique

«Cast A Shadow,Pace, 15-17, quai des Bergues, Genève, jusqu’au 29 août. Tél.022 900 96 50, site www.pacegallery.com Ouvert du lundi au samedi de 10h à 18h.

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