Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

MCH Groupe, propriétaire d'Art/Basel, est à la peine. D'où des grenouillages

Une investisseuse chercherait à créer un consortium qui rachèterait le 70 pour-cent du groupe, dont les profits ont fondu. Mais MCH ne veut pas vendre, et la Ville en fait partie.

Art Unlimited, situé dans la nouvelle aile. La cuvée 2019.

Crédits: Art/Basel

Art/Basel Hongkong et Art/Basel tout court n’ont pas eu lieu cette année, si ce n’est sous une forme digitale. Un sale coup pour MCH Group, qui ne se portait déjà pas si bien que ça. De multiples foires dépendant de lui ont disparu ces derniers temps de son horizon, comme le Comptoir Suisse de Lausanne. Ce qui fut une véritable institution romande a cessé d’exister à la veille de ses 100 ans. Le Comptoir s’est mis à incarner une autre époque.

MCH a donc besoin de liquidités puisque, comme l’expliquent sans peine les économistes. La société n’a aucun revenu présent et à prévoir dans un proche avenir. Voilà qui donne des idées à certains. Annette Schömmel, la présidente de XanaduAlpha, sent son heure venir. Je vous raconte ça à partir de la version anglaise d’«Artnet», qui le tient du très sérieux «Finanz und Witschaft». L’investisseuse alémanique aimerait réunir un consortium d’acheteurs qui s’offrirait le 70 pour-cent de MCH, autrement dit une large majorité. Il faudrait selon elle 350 millions pour cela, ce qui ne semble pas rien, même dans un monde où tout se compte désormais en milliards. La rumeur est-elle vraie? Motus et boule de gomme. Annette n’a pas voulu répondre à Artnet, qui constitue pourtant aujourd’hui une puissance dans le monde de l’art, et pas seulement contemporain.

Enorme recapitalisation

Le problème, c’est que MCH n’entend pas vendre. Même partiellement. Le groupe préférerait trouver un nouveau bailleur de fonds, qui injecterait de l’argent frais afin de permettre à la machine de redémarrer. Une somme inconnue, mais visiblement bien plus modeste. L’avantage de l’idée de la très discrète Annette Schömmel (vous ne trouverez pas grand-chose à son propos sur le Net où il n'y a d'elle qu'une seule photo) serait de recapitaliser MCH au quintuple de sa valeur réelle sur le marché. La chose serait ainsi vue d’un bon œil par ceux qui en possèdent des parts. Ainsi en irait-il d’Erhard Lee, actionnaire à dix pour-cent. L’homme verrait là une chance, ce qu’il n’a cependant pas voulu confirmer à «Artnet». Mais il ne faut pas oublier qu’au sein de MCH se trouve aussi une entité publique. Bâle Ville est ainsi partie prenante. Et la Ville a payé il y a quelques années plus de 400 millions la nouvelle Halle de la Messe. Le monde est compliqué.

Annette Schömmel. Photo DR.

Alors, pour le moment, on en reste aux grenouillages. Art/Basel Miami devrait avoir lieu du 17 au 20 septembre. S’il se déroule vraiment. Vous savez sans doute comme moi que la pandémie s’étend en ce moment surtout dans le Sud des Etats-Unis. La suite donc au prochain épisode...

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