Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

MARCHÉ/Genève Enchères a vendu un vase chinois pour 6,08 millions

Crédits: Genève Enchères

«Nous avons eu des émotions cet après-midi», explique Bertrand de Marignac. Si ces dernières furent fortes, elles ne s'en révèlent pas moins positives. Lors de la troisième journée des ventes de Genève Enchères, jeudi 21 septembre à midi, un vase chinois modestement estimé entre 500 et 800 francs s'est vendu cinq millions. Pile. «Il y avait un amateur au téléphone dans la salle et un autre dans la salle», raconte le commissaire-priseur Olivier Fichot. «Tout s'est passé très tranquillement. Sans passion apparente.» Notons que c'est le client asiatique présent rue de Monthoux qui l'a emporté. Une garantie que cette visibilité? On sait que les Chinois passent pour de fort mauvais payeurs... 

Le vase, portant le numéro 567, était de bonne taille: 60 centimètres. Avec son dragon bleu se tortillant sur un fond jaune, couleur impériale, il ressemblait à la copie d'un des chefs-d’œuvre céramique du passé, comme il s'en est beaucoup produit à la fin de la dynastie des Qing, chassés du trône en 1911, ou lors de la République, en place jusqu'à l'arrivée en force de Mao Tse Tung à la fin des années 1940. La version en ligne du catalogue parlait même prudemment d'une «marque apocryphe» de Qianlong, le plus grand souverain du XVIIIe siècle. Seulement voilà! Il s'agissait d'un authentique exemplaire, du moins aux yeux des deux clients potentiels. «Il reste toujours très difficile de faire expertiser un objet chinois», explique Olivier Fichot. «Les spécialistes ne se montrent jamais d'accord entre eux.» «N'empêche», conclut Cyril Duval, le dernier membre du triumvirat directeur, «que ce sont toujours des pièces asiatiques qui amènent la surprise.»

Autres bons prix 

D'autres créations extrême-orientales se sont très bien vendues, même si les résultats font pauvre par rapport aux 5 millions, auxquels il faut encore ajouter des échutes de 20 pour-cent (1) et des taxes nous amenant à un total de 6,08 millions de francs. Je citerai deux exemples. Une ravissante coupe à libations en jade, prisée entre 600 et 800 francs, en a rapporté 43 000, tandis qu'une «guanyin» en bois s'en allait à 65 000 à la place des 2000 ou 3000 prévus. D'autres pièces situées dans des secteurs sinistrés, comme les lithographies d'artistes des années 1960 et 1970, sont certes restées sur le carreau, mais qu'importe. «Même sans le vase, nous serions déjà très au dessus de nos espérances.» Prochaines ventes en décembre.

(1) Genève Enchères proposant majoritairement des pièces modestes, le tarif de 20 pour-cent  de la maison est uniforme et non dégressif, comme il le serait chez Sotheby's ou Christie's. Bien joué!

Photo (Genève Enchères): le vase en question. Ou du moins une partie du vase recadré automatiquement...

Texte intercalaire.

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