Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Marché parisien. La Biennale est à la peine tandis que la FIAC s'annonce plutôt bien

Le comité d'experts chargé du "vetting" de la Biennale a vient de jeter l'éponge. La FIAC annonce en revanche des extensions un peu partout.

Dans les allées de la FIAC au Grand Palais.

Crédits: AFP

Ouille, ouille, ouille! Aïe, aïe, aïe! Tout s'annonce de manière catastrophique pour la Biennale des antiquaires de Paris, devenue comme on le sait annuelle. Pour la prochaine édition, qui doit se dérouler au Grand Palais du 13 au 17 septembre (quand je pense que j'ai connu de Biennales durant trois semaines...), il n'y aura aujourd'hui plus de contrôle connu. Dans un récent article du «Figaro», Béatrice de Rochebouët a annoncé que la Compagnie nationale des experts (CNE), au travail en 2017 et 2018, venait de jeter l'éponge. Elle conteste la présence de marchands mis en examen et la faiblesse générale de leur sélection.

Les communiqués restent sobres. Rien à voir avec la guerre de tranchées ouverte par la démission forcée en 2016 de Christian Deydier. Entré en procès depuis avec Mathias Ary Jahn, son successeur à la tête de la Biennale, l'homme avait annoncé la création d'une manifestation concurrente intitulée en toute modestie «Sublime». Cette chose n'a jamais eu lieu, et plus personne n'en a entendu parler depuis. La CNE en reste plutôt au stade des «regrets», comme le dit son président Frédéric Castaing, petit-fils de la légendaire marchand Madeleine Castaing. Elle ne peut plus cautionner une manifestation qui dérape. Elle retire donc du jeu ses 160 experts. Nul ne sait par qui ils se verront remplacés. Pour arriver à un "vetting" correct, Il y a pourtant urgence.

Rendez-nous en octobre avec 197 galeries

La Biennale aura pourtant lieu, même s'il se murmure une fois de plus à Paris que ce sera la dernière. Un espace de 300 mètres carrés, qui restait libre, a été loué au Bahrein. Il y montrera son art contemporain et son patrimoine. Pour le reste, des démarcheurs recherchaient encore des candidats en mai. En 2018, la manifestation ne comptait plus que 62 participants. Il y aura cependant des nouveaux venus de qualité. Schifferli de Genève, qui faisait déjà en janvier la BRAFA à Bruxelles, prépare un stand d'art graphique moderne. Ce dernier ne peut que faire du bien à la Biennale. La foire débutera avec le traditionnel dîner de gala, à un prix exorbitant, le 11 au soir. Notez que l'argent ira ici à une noble cause. ALIPH, que préside le collectionneur américain Thomas M. Kaplan, entend récolter des fonds pour la réhabilitation du musée de Mossoul.

Si la Biennale s'effondre sous les coups de boutoir de la BRAFA, de la TEFAF de Maastricht et de Paris Fine art, qui se déroulera au Carrousel du Louvre du 13 au 17 novembre, la FIAC se porte en revanche comme un charme. Elle vient d'envoyer aux journalistes son communiqué, du type victoire sur tous les fronts. Dirigée par la charismatique Jennifer Flay, la Foire internationale d'art contemporain comprendra cette année 197 galeries, réunies du 17 au 20 octobre. La plupart d'entre elles trouveront place au Grand Palais. Chez les exposants, le visiteur constatera le retour de neuf maisons importantes, dont Lisson de Londres, New York et Shanghai. Vingt-six autres feront leurs débuts sous la verrière. Parmi celles-ci Weiss/Falk de Bâle.

Yoyoi Kusama à la place Vendôme

La FIAC va contaminer comme de coutume la capitale. Le Petit Palais, en face, accueillera 40 œuvres. Il y en aura 20 autres, à l'extérieur, dans le Jardin des Tuileries. La Concorde se verra investie pour la seconde fois. Place Vendôme prendra place une monumentale installation de la Japonaise Yoyoi Kusama. Une dame très médiatique. L'Anglais Glenn Brown sera au musée Delacroix, qui vient de changer de direction. Encore un artiste Gagosian. Bref, il y aura énormément à voir, même la FIAC n'est pas encore Art/Basel et ses succursales de Miami et de Hongkong.

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