Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LONDRES/La Royal Academy nous invite dans l'atelier de Matisse

Crédits: Succession Henri Matisse/Royal Academy, Londres 2017

Il y a comme cela, des expositions dont le titre met en appétit. Ainsi en va-t-il, à la Royal Academy de Londres, pour «Matisse in the Studio». «Les visiteurs de l'atelier de Matisse étaient surpris d'avoir l'impression de se retrouver dans l'un des ses tableaux.» Logique, en fait. Le peintre utilisait ce qui se trouvait chez lui comme fond, ou comme accessoires, pour ses œuvres. Les grands textiles, notamment. Certains objets font ainsi de la figuration dans nombre de ses toiles. Des habitués. On connaît le même phénomène avec Paul Cézanne ou avec Giorgio Morandi. 

La différence, avec Matisse, c'est qu'il s'agissait de meubles ou de tentures un brin exotiques. Ils pouvaient s'assortir à ses odalisques ou apporter un contrepoint à ses natures mortes. Cela semblait une bonne idée que de nous montrer une fois, venus de Nice, le fauteuil vénitien, les sculptures africaines ou ses deux chocolatières anciennes en argent. Ils sont bien là, dans l'aile Sackler qui constitue le lieu intime de la Royal Academy. Un lieu suspendu par l'architecte contemporain Norman Foster entre les deux façades (celle du XVIIIe et celle du XIXe) du bâtiment.

Accessoires modestes 

L'ennui, c'est que leur modestie déçoit un peu. Henri Matisse a véritablement transfiguré ses possessions en donnant certaines de ses toiles les plus célèbres. Il savait tirer parti de tout. L'accrochage de cette coproduction avec Boston, «en partenariat avec le Musée Matisse de Nice», permet de retrouver cependant quelques sommets de sa création. Il y a là «Les lilas» de 1914, «L'Italienne» de 1916 ou «Le fauteuil rocaille» de 1946. Ces créations se voient présentées comme autant de «focus». C'est un peu maigre pour aller jusqu'à Londres, où l'exposition se termine d'ailleurs bientôt. Un étage plus bas, la RA propose cependant son Jasper Johns, que je vais vous raconter tout soudain. Et le Johns fait partie des rétrospectives importantes de 2017.

Pratique 

«Matisse in the Studio», Royal Academy, Burlington House, Piccadilly, Londres, jusqu'au 12 novembre. Tél. 0044 020 73 00 80 90, site www.royalacademy.org.uk Ouvert tous les jours de 10h à 18h, le vendredi jusqu'à 22h.

Photo (Succession Henri Matisse/Royal Academy, Londres 2017): Un fragment de l'"Odalisque jaune" de 1937, qui fait aussi partie de l'accrochage.

Texte intercalaire.

 

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