Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIVRES/Le Louvre présente ses dernières publications, plutôt pointues

Crédits: Editions du Louvre

Le vernissage du Salon du Dessin parisien se voit traditionnellement précédé, le jour d'avant, par une petite réception au Cabinet des Arts graphiques du Louvre. Ici, les places sont chères, mais les invitations doubles. J'ai donc pu entrer sous l'aile d'une personne amie à ce rendez-vous des conservateurs de musée internationaux et des riches collectionneurs (également internationaux). 

La presse eut pourtant été à sa place, en ce lundi 20 mars. La soirée tournait en effet autour de cinq livres nouveaux, qui auront de la peine à faire parler d'eux dans les journaux. Directeur du Cabinet des Arts graphiques, Xavier Salmon a commencé par remercier Juan de Besteigui non pas d'être mort, mais d'avoir donné plusieurs feuilles importantes à l'institution de son vivant. Il n'a bien sûr pas rappelé que l'homme avait par ailleurs vendu au plus haut prix ses dessins italiens à une grande société commerciale. Celle-ci les avait remis au Louvre, l'institution redistribuant les pièces mineures à quelques musées de région, comme Rennes ou Marseille.

Quatre carnets en grand epartie inédits 

Puis il a été question du nouvel opus de Louis-Antoine Prat sur «Le dessin français du XVIIIe siècle», qui suit logiquement celui sur le XVIIe. Jésus, quel volume! Ce n'est pas tout à fait un «sumo» de Taschen, mais il doit bien peser cinq kilos. Le texte est immense. Il y a plus de mille photos. On comprendra que cet objet coûte son prix. Profitez cependant de l'occasion! Le prix de lancement reste de 175 euros. Ce sera dès le 1er septembre 225. 

Sur quatre tables du beau Cabinet, qui conserve son grand décor Napoléon III, avec un plafond peint d'Alexandre Cabanel, reposaient quatre carnets. «Le genre même de pièces de collection posant problème», expliquait Xavier Salmon, qui en présentait un avec les mêmes gants blancs que Mickey Mouse. On ne peut pas trop les consulter. "Impossible d'un exposer davantage qu'une double page." L'idée est donc venue de les publier en fac-simile, à des prix cette fois accessibles.

Saint-Aubin et Delacroix 

L'entreprise a commencé en 2016 avec le carnet factice contenant 23 dessins florentins du XVe siècle, aujourd'hui donnés à Maso Finiguerra. C'est Dominique Cordellier et Laura Angelucci qui se sont chargés de cette publication. Un coffret avec le fac-similé, plus un petit livre d'explications. Le même schéma a été adopté pour un carnet de Gabriel de Saint-Aubin, mort en 1780. Ce graphomane y montre la vie parisienne. C'est Salmon lui-même qui s'est chargé de l'édition. «Certaines pages ont déjà été publiées, la plupart restait inédites.» 

Et quels sont les deux autres recueils? Il y a le carnet d'Eugène Delacroix durant son séjour médical à Eaux-Bonnes dans les Pyrénées, en 1845. Marie-Pierre Salé s'est chargée de cette publication en 2017. Le dernier objet touche à l'architecture. Il s'agit d'un ouvrage, pas encore trouvable en librairie, avec des projets de l'ornemaniste Gilles Oppenord, un maître du rococo parisien. Il y aura bien sûr des suites. Mais aucun nom ne se voit pour l'instant communiqué.

Photo (Editions du Louvre): La couverture de l'ouvrage consacré à Eugène Delacroix.

Texte intercalaire.

 

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