Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIVRE/Tout sur l'estampe. La gravure en cent "impressions fortes".

Crédits: Jean Morin/Cabinet cantonal des estampes, Vevey 2017

La couverture du livre est très mode, ou du moins elle l'aurait été il y a quelques années. L'illustration montre un crâne, mais sans les diamants ajoutés par Damian Hirst. Nous sommes ici chez des gens sérieux. Au XVIIe siècle, le graveur Jean Morin voulait illustrer le thème de la vanité, ce que soulignent la montre et la fleur perdant un pétale. Aujourd'hui, la Fondation William Cuendet & Atelier de Saint-Prex entend expliquer les mécanismes de la gravure. C'est «L'estampe en 100 chefs-d’œuvre», pour reprendre le sous titre de la récente exposition de Lodève. Cent constitue un chiffre quelque peu magique. Il donne l'idée d'une abondance encore maîtrisée. 

«Impressions fortes» s'adresse à ceux qui ne savent rien, ou qui auraient tout oublié. Il subsiste en la matière les pires confusions, même chez les gens cultivés. Les choses restent simples avec le bois, le cuivre ou le linoléum. Elles se gâtent quand on en arrive à l'eau-forte, à la manière noire ou au vernis mou. L'ouvrage chapeauté par Florian Rodari remet les idées en place. Il propose des textes courts et simples, illustrés des meilleurs exemples possibles. Les tirages appartiennent tous à la Fondation William Cuendet & Atelier de Saint-Prex, déposée au Cabinet cantonal des estampes, conservé au Musée Jenisch de Vevey. La chose explique la présence de nombreuses pièces tirées dans l'Atelier. Chaque artiste dépose par principe un exemplaire de tout ce qu'il y a imprimé.

Artistes et interprètes 

Au fil des pages, le lecteur retrouvera de grands peintre-graveurs, à commencer par Dürer et Rembrandt. Il y a découvrira de parfaits interprètes. Le même Morin a transcrit des portraits de Philippe de Champaigne et Claude Mellin des compositions allégoriques de Simon Vouet. Une large place se voit faite aux modernes, d'Edgar Degas, l'homme du monotype, à Edouard Vuillard en passant par Rodolphe Bresdin. L'art contemporain est défendu dans une perspective classique. Albert-Edgar Yersin ou Edmond Quinche poursuivent (ou ont poursuivi) le travail de leurs aînés. L'ouvrage s'arrête plus ou moins là. De nouvelles générations sont pourtant venues bousculer ces certitudes. Proposer de nouvelles expérimentations. Il eut sans doute été bon d'en rendre compte.

Pratique 

«Impressions fortes, L'estampe en 100 chefs-d’œuvre», de Florian Rodari, aux Editions 5 Continents, 175 pages.

Photo (Cabinet cantonal des estampes, Vevey): La gravure de Jean Morin faisant la couverture d'"Impressions fortes".

Texte intercalaire.

 

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."