Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIVRE/"Pleins feux!" sur la Collection d'art de la Ville de Lausanne

Crédits: SRF

Les fonds d'art publics seraient-ils des enterrements de première classe? C'est ce qu'on pourrait croire à Genève avec le Fonds cantonal (FCAC), que les amateurs ne découvrent qu'au compte-gouttes lors de présentations comme celles d'Artgenève. Le Fonds municipal (FMAC) se sort un peu mieux d'affaire chez nous. J'en resterai à notre pré carré. Il y aurait trop à dire sur les Fonds régionaux d'art contemporain en France (FRAC), qui tiennent à la fois du vide-grenier et de la caverne d'Ali Baba. 

Lausanne vient, elle, de publier un florilège reflétant presque un siècle de choix opérés chez les artistes liés de près ou de loin à la Ville. Le titre ressemble à un mot d'ordre. C'est «Pleins Feux!». Quatre auteurs principaux se sont partagé le travail, qui va bien au-delà du simple inventaire. Joliment conçu et imprimé, l'ouvrage a été dirigé par Philippe Kaenel et Béatrice Béguin «avec la collaboration» de Marco Constantini et de mon ex-consoeur Françoise Jaunin. Il y a bien sûr de nombreuses autres contributions ponctuelles. Une longue histoire se devait d'être racontée. Le lecteur part des des «Premiers décors, premiers débat publics», qui portaient avant la guerre sur les commandes décoratives faites à Alice Bailly ou à René Auberjonois, pour en arriver à un «Arrêt sur images» s'intéressant à la période 1999-2016. Cet arrêt se révèle multiple comme ceux des autobus ou des trams. Pour le présent, il fallait aussi bien parler de Claudia Comte que de Vincent Kohler ou de Mix & Remix.

Noms connus et méconnus

L'ouvrage joue la carte de la transparence, ce qui devrait constituer la règle. Le lecteur sait comment les choix s'effectuaient naguère et la manière dont ils s'opèrent aujourd'hui. C'est un processus en perpétuel mouvement. «Tous les artistes appartenant à la CAL (Collection d'art de Lausanne) ne se reconnaîtront évidemment pas dans ce rapide portrait ou ces propositions de récits parallèles», écrit Philippe Kaenel à la fin de son texte. «Mais en définitive, ce sont eux qui ont le dernier mot. A travers les œuvres, il écrivent les histoires de l'art à venir.» 

Au fil des pages, le lecteur retrouvera beaucoup de noms connus, sur la scène romande comme au-delà. Il en découvrira aussi d'autres, parfois un peu oubliés. Il y a là une grande diversité de plasticiens, comme l'exige la constitution d'un ensemble aussi officiel. Les textes encadrant les notices donnent du coup une excellente idée de ce qui s'est fait et de ce qui se fait encore à Lausanne dans un domaine large, puisqu'il inclut le dessin (Martial Leiter), la vidéo (Jean Otth) ou la photographie (Monique Jacot). Je signalerai ainsi les contributions de Karine Tissot (du CACY d'Yverdon) ou Julien Fronsacq (du Mamco genevois).

Pratique

«Pleins feux!, La Collection d'Art de la Ville de Lausanne», Edité par le Service de la culture de la Ville de Lausanne en collaboration avec l'Université de Lausanne, 390 pages.

Photo (SRF): Claudia Comte fait partie des collections de la Ville.

Texte intercalaire.

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