Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIVRE/Patrick Cramer publie sa bible sur le peintre Yuri Kuper

Crédits: Tribune de Genève

Il est Russe, comme l'indique son prénom. Son nom est bien connu des amateurs genevois épris d'un art encore traditionnel. Yuri Kuper se voit en effet exposé depuis 1997 au moins par Patrick Cramer, après avoir figuré dans l'écurie Krugier-Ditesheim. On connaît l'homme pour des tableaux mêlant peinture, collages et objets. Beaucoup d'entre eux comportent un vrai, gros, solide pinceau maintenu sur la toile de l'acrylique couvrant une plaque de métal. Une métaphore de son art, que d'aucuns voient aussi comme une manifestation d'«Arte Povera» à l'italienne. 

Patrick Cramer, on le sait, est aussi éditeur. Parutions rares. Beaux livres, du genre pavés. L'homme vient d'en consacrer un Kuper, qu'il exposait encore tout récemment aux Bains. L'ouvrage est trilingue (anglais, français, russe), avec peu de texte. Celui-ci est dû à Mikhaïl Guerman. J'avoue avoir éprouvé un peu de peine à le lire, en dépit de sa brièveté. Le ton me semble trop lyrique, avec un prime un abus de références. Peu d'informations, en revanche. En le terminant, le lecteur ne sait pas grande chose sur l'artiste, âgé de 77 ans. Il apprend juste que le débutant a émigré à 32 ans, par refus de l'épais conformisme engluant alors la culture officielle en URSS. Il avait pourtant été admis cinq ans plus tôt à l'Union des Peintres. «Je suis parti à cause de la muflerie, de la bêtise et de la grossièreté.» Voilà qui sonne comme un adieu définitif. Sauf avec des Russes! Kuper est depuis retourné occasionnellement dans un pays aux évolutions politiques pour le moins chaotiques.

Bijoux et décors 

Le reste de l'ouvrage se retrouve dédié aux reproductions des œuvres. Il y a les peintures, bien sûr. Elles composent la majorité des images. Mais l'éditeur a tenu y ajouter des travaux conçus pour la scène, qui ont l'air intéressants, comme des idées d'architecture et de décoration intérieure. Ces dernières me laissent en revanche assez perplexe. Kuper a aussi produit de la céramique, de la gravure et des bijoux. C'est beaucoup pour une seule personne.

Pratique 

«Yuri Kuper, Selected Works», texte de Mikhaïl Guerman, aux Editions Patrick Cramer, 504 pages.

Ce texte intercalaire sur ceux consacrés aux livres sur Hodler et sur Dubuffet.

Photo (Tribune de Genève): Yuri Kuper, qui se voit honoré par un pavé de 504 pages.

 

 

 

 

 

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