Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIVRE/Le Mois de la Photo parisien s'offre un catalogue de 552 pages

Crédits: Estate Erwin Bkumenfeld, Mois de la Photo, Paris

Attention, poids lourd! Pour le Mois de la Photo, nouvelle mouture, les organisateurs ont vu XXL. L'ouvrage d'accompagnement tient du monstre. Je doute fort que les visiteurs l'emporteront avec eux, d'autant plus que la manifestation investit cette fois le Grand Paris. Il s'agissait, selon ses organisateurs, d'aller vers des communes négligées regroupant quatre fois plus d'habitants que les arrondissements «intra muros». Neuf millions de banlieusards contre deux de citadins. Le dix-huit pour-cent de la population française, d'immenses surfaces du pays ayant par ailleurs tendance à se vider... 

François Hébel dirige aujourd'hui cette manifestation, poussivement initiée en 1980. Il faut dire que l'homme est on ne peut plus libre. Cela fait plus de deux ans qu'il a rendu son tablier aux Rencontres d'Arles, désormais sous la coupe de Sam Stourdzé. Il en a sélectionné les «propositions», laissant bien des choses au programme. Il y a en avril 2017 un peu moins de cent expositions, 96 pour être précis. C'est beaucoup. Trop, à mon avis. Mais il ne fallait pas décourager les bonnes volontés, Hébel voyant dans les banlieues parisiennes la vitalité d'un Berlin ou de Brooklyn, ce qui me semble d'un optimisme de commande.

Trois "Week-ends intenses"

Evidemment, la plupart des gens se contenteront des manifestations urbaines. Il en est d'historiques, comme celles consacrée à la couleur chez Erwin Blumenfeld, à la mode selon Willy Maywald ou aux mondanités de Robert Doisneau (il faut bien vivre). Mais une part importante a été laissée à la création contemporaine, de Françoise Huguier à Stéphane Lavoué (le monde paysan américain, remarquable) en passant par le redoutable nécrophile Joel-Peter Witkin. 

Restent les environ, de Clamart à Mantes-la-Jolie (qui n'est pas si jolie que ça) ou Châtenay-Malabry. Comment inciter des citadins, qui voient là des lieux aussi exotiques que Bagdad ou Kaboul, à s'y rendre étant entendu que les expositions s'adressent ici en priorité aux gens du lieu? Hébel a imaginé trois «Week-ends Intenses». Il y aura le Nord-est, le Sud-Ouest et Diagonales. Il ne faudra pas oublier sa boussole. Mais, comme le dit en jargonnant un peu notre homme, le Grand Paris «espère ainsi prendre sa modeste part civique au tissage de liens fraternels.»

Changement de date 

Vous aurez enfin noté le changement de date. D'automnal, le moi est devenu printanier. Comme l'explique le commissaire général Jean-Luc Monterosso, Paris vivra ainsi deux temps forts sur le plan du 8e art. Il y aura Paris Photo (qui n'est pas spécialement démocratique) en novembre et le Mois en avril. Le tout en attendant «nous l'espérons, d'organiser dans le Grand Paris les Jeux olympiques en 2014.» Je m'abstiendrai ici de tout commentaire, mais le JO ne font pas que du bien à une ville...

Pratique

«Mois de la photo, Grand Paris, Avril 2017», Catalogue diffusé par Actes Sud, 42 euros tout de même, 552 pages.

Photo (Estate Erwin Blumenfeld): Le grand photographe Blumenfeld fait partie de la ronde. On le retrouve sur la Seine, aux Docks.

Texte intercalaire.

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