Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LIVRE/La "Marilyn inédite" du photographe Milton Greene

Crédits: Succession Milton Greene/Editions Flammarion, Paris 2017

«Marilyn inédite». On a de la peine à y croire. Depuis la mort de l'actrice il y a cinquante-cinq ans, il a paru tellement d'images d'elle qu'on pourrait croire le stock épuisé. Et pourtant! Les édition Flammarion sortent cet automne un véritable pavé, rempli de photos signées Milton Greene (1922-1985). Il faut dire que l'homme a bénéficié de cinquante séances de poses de Marilyn Monroe entre 1953 et 1957. La star était alors encore un peu cadrée par la 20th Century Fox, qui avait fait d'elle un mythe. Elle n'avait pas encore atteint les huit heures de retard à certains rendez-vous qui finiront pas rendre fous son entourage et ses employeurs. 

Milton ne travaillait pas pour les studios, qui avaient leurs employés maisons. C'est sans doute Frank Powolny (1902-1986) qui prit le plus de portraits de Marilyn dans ce cadre officiel. Comme beaucoup de gens des années 50, Milton travaillait pour les magazines. Ils envoyaient maintenant leurs photographes à Hollywood afin de créer des images moins composées et plus détendues. En 1952, l'homme avait ainsi réussi une série (à vrai dire peu flatteuse) de Bette Davis et une autre donnant une idée plus moderne de Marlene Dietrich. Il y avait notamment là une future icône ne montrant que la mèche et les jambes de cette dernière sur fond noir.

Une couleur généralisée 

«Look» avait décidé de le faire passer d'une blonde à l'autre, Marilyn ayant tout de même vingt-cinq ans de moins. L'entente a semble-t-il tout de suite été bonne. Milton s'est appliqué à montrer la vedette montante en couleurs, ce qui restait à l'époque assez inédit. Il en proposait des images naturelles. Quotidiennes. Sans poses affectées. Contrairement à Marlene, Marilyn n'avait pas travaillé avec beaucoup de grands photographes. Il n'y aura guère davantage après leur rupture («notre relation a pris fin», préférait dire Greene). En 1957 se placera sa séance historique avec Richard Avedon. Il y aura un clin d’œil en compagnie de Phillipe Halsman. Et tout finira par la fameuse journée où elle posera de manière assez pathétique pour Bert Stern en 1962. 

Le livre offre des pièces très inégales sur les 284 illustrations choisies, dont 150 inédites. Elles sont extraites de la pile des quelque 5000 images que Milton a produites de Marilyn. Notons au passage que le photographe a vu du haut du Ciel une partie de son œuvre dispersé de manière insolite en 2013. Il s'est vendu à ce moment à Los Angeles 3700 clichés aux enchères (mais apparemment aucun de Marilyn) avec leurs droits attachés, ce qui signifie une totale liberté de reproduction pour les acquéreurs.

Pratique

«Marilyn inédite» de Milton Greene, aux Editions Flammarion, 372 pages.

Photo (Succession Milton Greene/Editions Flammarion 2017): Le portrait de Marilyn choisi pour la couverture.

Texte intercalaire.

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