Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Lions d'or. La Biennale d'architecture de Venise a fait sa distribution des prix pour 2021.

La 17e édition de la manifestation a pratiqué des choix bien-pensants. Des récompenses sont allées à un ciment écologique et à un collectif militant.

Le pavillon des Emirats arabes unis.

Crédits: Andrea Avezzù, Biennale de Venise 2021.

C’est la distribution des prix, comme naguère à l’école. La 17e Biennale de l’architecture vient de récompenser à Venise ses bons élèves. Les lauréats ont été désignés le 30 août, la manifestation ayant ouvert non sans mal en mai. Je vous rappelle que le thème de l’année, sur lequel il s’agissait de bachoter, était «Comment allons-nous vivre ensemble?». Grave question posée par le commissaire Hashim Sarkis, qui avait planifié la manifestation au départ pour 2020.

Il y a bien sûr plusieurs gagnants, qui ont remporté un «Lion», puisque nous sommes à Venise. Une manière de satisfaire du monde. Mais aussi une dévaluation de la récompense. La «meilleure participation nationale» a été celle des Emirats arabes unis, qui accomplissent beaucoup d’efforts depuis plusieurs éditions. Leur pavillon «Wetland» innove au point de vue du matériau. Un nouveau ciment «négatif en CO2». Une chose se situant «entre l’artisanat et la technologie de pointe». Moi je veux bien. Des mentions ont ici été décernées à la Russie pour la rénovation de son pavillon de 1914, et aux Philippines qui ont prévu «un projet communautaire exemplaire». Le fameux vivre-ensemble ne constitue-t-il pas le thème de l’année?

Cocher les bonnes cases

Autrement, le Lion d’or a été décerné aux Berlinois de Raumlaborderlin. Les membres de ce collectif ont réussi «un modèle d’espace universitaire», débordant sur la ville, Ils ont surtout transformé d’anciens bureaux en «un espace de programmation artistique, culturelle, sociale et éducative géré par un groupement citoyen». Autant dire que ces gens ont coché ce qui constitue les bonnes cases à l’heure actuelle. Il faut dire que les attendus du jury sont à vomir de bien-pensance. «Cette approche collaborative encourage la participation, la régénération et la responsabilité collective.» Amen.

Autrement, un Lion d’argent s'est vu attribué à la fondation FAST pour la transformation d’une ferme proche de Gaza et d’Israël. Un Lion d’or est allé à l’Espagnol Rafael Moneo. Il salue l’ensemble de sa carrière. L’homme a fêté cette année ses 87 printemps. Lina Bo Bardi a reçu un autre Lion (une vraie ménagerie!) à titre posthume. Très posthume même puisque la Brésilienne s’est éteinte en 1992. Sa candidature était poussée par Hashim Sarkis lui-même. Il voulait ainsi rappeler l’importance de cette Italienne d’origine pour le mouvement moderniste en Amérique du Sud.

Voilà. J’espère n’avoir oublié personne.

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