Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

L'exposition Goya promise par la Fondation Beyeler refait surface pour octobre

Annoncée, annulée, déplacée et disparue du calendrier, la rétrospective doit s'ouvrir en collaboration avec le Prado. Il y aura là plus que 70 toiles.

"La maja habillée". Le tableau sert aujourd'hui de produit d'appel pour la fondation.

Crédits: DR.

C’est l’éternel retour, ou presque. La Fondation Beyeler annonce de nouveau qu’elle organise son exposition Francisco de Goya (1746-1828), «l’une des plus importantes jamais organisées hors d’Espagne». Il y a de nouvelles dates. L’ouverture au public se ferait le 10 octobre pour se terminer le 23 janvier 2021. D’ici là, le musée privé bâlois aurait dû lancer son opération femmes. Dès le 19 septembre, «Close-up» (un drôle de titre!) montrera des plasticiennes importantes depuis les années 1870. Voilà qui sent la séance de rattrapage!

Le Goya aurait déjà avoir eu lieu en 2020. Il a été retiré du programme, pour les raisons que vous imaginez, puis déplacé, supprimé et rétabli. Il avait ensuite disparu des listes. Le revoilà donc, avec environ 70 peintures, complétées par des dessins et des gravures. La rétrospective est organisée en collaboration avec le Prado. Un prêté pour un rendu. La Fondation avait confié il y a quelques années d’importants Picasso à l’institution madrilène. Elle a du coup pu obtenir des toiles rarement exportées, comme la «Maja habillée». D’autres toiles arriveront «des plus importants musées européens et américains». Voilà qui ne semble pas bon pour l’empreinte carbone. Mais il faut dire qu’il n’existe pas beaucoup d’œuvres du maître en Suisse. Une petite diablerie au MAH genevois. De belles natures mortes à la Collection Reinhart de Winterhour. Autrement...

Réattributions

L’exposition aura lieu à Riehen/Bâle dans un contexte doublement difficile. Le premier reste bien entendu sanitaire. Le second tient aux nombreux problèmes récemment soulevés à propos de l’autographie de bien des toiles. Comme naguère pour Rembrandt, des experts ont retiré quantité d’œuvres du catalogue raisonné jusqu’ici admis. A la Collection Reinhart précisément, mais aussi à la National Gallery de Londres et même au Prado. «Le colosse», une des toiles-phares de ce dernier, serait ainsi dû à un suiveur particulièrement doué. Comme Rubens, Poussin ou Courbet, Goya tient aujourd’hui tout de la nébuleuse, avec ce que la chose suppose de satellites. L’artiste a été imité de son temps déjà, puis tout au long du XIXe siècle.

Juste avant le premier confinement (l’exposition s’est terminée le 10 février 2020), le Musée d’Agen a ainsi présenté avec un commissariat de la spécialiste Juliet Wilson-Bareau une manifestation critique. Elle s’intitulait «Goya génie d’avant-garde, Le maître et son école». Cet accrochage bien relayé par la presse internationale avait fait des dégâts. Les choses ont bien changé depuis que la Fondation Gianadda a présenté à Martigny son «Goya» en 1982, sous la houlette de Pierre Gassier. C’était d’ailleurs là la première manifestation de prestige d’un lieu privé alors encore tout jeune.

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