Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

L'exposition Georges de La Tour organisée à Milan pourrait rouvrir le 28 mai

C'est avec le Raphaël de Rome le perdant apparent des "block busters" italiens de 2020. Tout n'est pas fini, même si on se demande qui pourra venir au Palazzo Reale.

Une oeuvre diurne des débuts de Georges de La Tour.

Crédits: Palazzo Reale, Milan 2020.

Elle devrait rouvrir le 28 mai. Le conditionnel n’est pas encore levé. Il faut l’accord du gouvernement et procéder à des vérifications techniques. L’exposition Georges de La Tour (1593-1652) au Palazzo Reale de Milan pourrait ensuite reprendre sa course, interrompue en mars. Notez que la manifestation doit maintenant se conclure le 27 septembre, ce qui donne du temps. Le Palazzo, qui regroupe en fait des manifestations provenant de plusieurs entités, «communiquera en cas d’accord les modalités d’accès le plus vite possible.»

De toute manière, il risque de ne pas y avoir beaucoup de monde. La Tour est un artiste inconnu en Italie, qui ne conserve aucune toile de sa main. Il y a la peur ambiante. Les frontières. Et la difficulté à circuler, du moins avec l’avion ou le train. Sept heures, en cas d’autorisation, pour aller de Genève à Milan en chemin de fer en ce moment! Et donc sept autres heures pour revenir. On peut du reste se demander ce qui a pu pousser au départ les organisateurs à se risquer dans un pari aussi fou. Le Dürer comme l’Ingres du Palazzo Reale, magnifiques tous les deux, ont constitué des échecs sanglants en termes de billetterie. Je vous en avais parlé. Il n’y avait là aucune surprise. Les Italiens tendent à consommer italien. Alors, pourquoi La Tour?

Vingt-six prêteurs internationaux

Francesca Capelletti se répand ces jours dans la presse transalpine pour parler de son exposition, sous-titrée "L'Europe de la lumière". La première grande sur l’artiste depuis celle du Grand Palais de Paris en 1997-1998. Celle-ci s’est révélée très difficile à réaliser. Les La Tour admis par l’ensemble de la critique restent rares. Ils sont aujourd’hui très dispersés. Il a fallu obtenir l’accord du Getty, de la National Gallery de Washington, de la Frick Collection de New York, de Nantes, de Dijon ou d’Epinal. Le Louvre ne semble pas avoir participé. Autant dire qu’il s’agit là d’une entreprise extrêmement chère, comme elles vont devenir difficiles à monter depuis cette année. Francesca Capelletti parle de vingt-six prêteurs répartis sur trois continents. Une superproduction que presque personne ne verra au final, même si nous sommes loin de la catastrophe du Raphaël aux Scuderie del Quirinale à Rome en mars, Trois jours d’ouverture seulement en mars! Ici, au moins, les festivités ont pu normalement commencer le 7 février. Mon billet était pour avril. Je le garderai en souvenir.

Pratique

Le site www.palazzorealemilano.it

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