Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Les "Rencontres" photographique d'Arles ont connu une baisse de public sans gravité en 2021

La chute est de 22 pourcent. La première édition dirigée par Christoph Wiesner s'est faite à l'aveuglette. Elle ne comportait que 35 expositions.

L'affiche de cette année. Modèle horizontal.

Crédits: "Rencontres de la photographie", Arles 2021.

Les «Rencontres» photographiques d’Arles, dont je vous ai tardivement parlé début septembre, ont fait leurs comptes. Ouverte début juillet, la manifestation s’est en effet terminée le 26 septembre. Ce n’est pas la catastrophe crainte. Ce festival créé en 1970 a attiré cette année 112 000 personnes, au lieu des 145 000 de 2019. L’édition de 2020 (qui devait être la dernière dirigée par Sam Stourdzé) a en effet tardivement sauté. Le directeur s’était battu jusqu’à la dernière minute pour proposer un programme éventuellement allégé.

Comment les chiffres se répartissent-ils? Très simple. La semaine d’ouverture, qui réunit habituellement dans la cohue les professionnels, a connu un moins de 26 pour-cent. Normal. Les gens y viennent souvent de loin. Les journées publiques ont pour leur part vu baisser leur fréquentation de 22 pourcent. Peu d’Américains. Pas d’Asiatiques. En revanche davantage d’Européens que les autres fois, ce qui a rééquilibré partiellement les comptes. C’est surtout le rectorat qui a induit la chute. Il s’est prononcé contre les visites d’élèves à la rentrée de septembre. Or celles-ci représentent environ 10 000 visiteurs. Qu’en est-il du coup du côté des encaisses? Il ne faut pas oublier que le festival vit à 55 pourcent de ses ressources propres. Eh bien, selon Aurélie de Launay, vice-directrice, tout ne va pas trop mal. Il ne devrait pas y avoir de déficit.

Qu'en est-il du "off"?

La plus grande victoire, selon le nouveau directeur Christoph Wiesner (ex «Paris-Photo») reste cependant la tenue effective des «Rencontres» en 2021. Tout a été conçu et réglé à l’aveuglette. Confinements. Insécurité sanitaire. Pas de jauges. Impossibilité même de savoir à l’avance si les œuvres (et a fortiori les artistes) pourraient voyager. Finalement tout a eu lieu, même si la voilure s’est volontairement vue un peu réduite. En 2021, il y avait 35 expositions, au lieu des 50 habituelles. Et sans doute bien moins de «off», ce dernier restant à Arles plus discret que pour le théâtre en Avignon. Dans la cité des papes, il y a eu cette fois «seulement» mille spectacles «off» au lieu des 1500 devenus habituels depuis les années 2000. Cet allègement, que d’aucuns ont jugé bienvenu, représente un moins 33 pourcent.

Christoph Wiesner sur fond arlésien. Photo Nicolas Tucat, AFP.

Comme les visiteurs montrent leur «pass», non pas sanitaire mais acquis à la caisse à chaque entrée, quels sont à Arles les succès de 2021? La gagnante est sans aucun doute Sabine Weiss, qui inaugurait en plus la chapelle d’un Musée Arlaten enfin rénové. Une splendeur baroque. Viennent ensuite les photographes de mode noirs de «New Black Vangard» à l’église Saint-Anne et les «Masculinités» des ateliers SNCF. Je vous ai raconté tout cela. La cuvée 2021 m’était apparue, mais c’est moi qui cause, assez moyenne.

La prochaine édition d’Arles, toujours placée sous la houlette de Christoph Wiesner, se déroulera (faut-il répéter «si tout va bien»?) à partir du 4 juillet 2022.

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