Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Les "Numérik Games" d'Yverdon-les-Bains se profilent pour une quatrième édition

Le festival durera trois jours, 30, 31 août et 1er septembre. Il se situera à Y-Park, en lisière de la ville. Il y aura 42 grandes animations, supposant pour la plupart une participation active.

L'affiche de "Numerik Games".

Crédits: DR

Numéro quatre! Les «Numerik Games» se tiendront à Yverdon les 30, 31 août et 1er septembre. Peut-être en avez-vous déjà vu les affiches, où le bleu sombre du fond et les lettres bien blanches se voient à demi recouverts par un personnage casqué rose fluo. Oh, il reste bien discret, ce dernier! Presque virtuel. Je l'avais d'abord pris pour un tag, ce qui fait sans doute partie du jeu.

Les «Numerik Games» constituent une émanation de la Maison d'Ailleurs, qui propose de la sorte aujourd'hui une grande exposition et un festival par an. Ils ont pris leur essor autour de la place Pestalozzi, avant de trouver leur emplacement idéal à Y-Park, en dehors de la ville. Un parc scientifique et technologique, vous pensez! Il s'agit bien sûr d'occuper ce lieu au mieux. «Pour la seconde fois, nous allons y proposer une vraie scénographie urbaine», explique Marc Atallah en charge de la Maison d'Ailleurs. Elle tirera les leçons de 2018. «Le but est de regrouper plusieurs types d'activités, afin de créer une cohérence. Chacun d'eux se voit promu par un verbe impliquant une action.» Normal! «Numerik Games» se veut participatif à 80 pour-cent. «Les participants doivent avant tout faire des choses. Ils ont bien réagi la dernière fois.» Il n'y a que pour «écouter & réfléchir» ou «contempler» qu'on leur demande naturellement de rester tranquilles.

Quatre grandes zones

Le festival à venir se répartit en quatre grandes zones. Tout se voit bien délimité sur la carte, et il le sera sur place pour que les participants s'y retrouvent. «On a juste renforcé la présence de la rue centrale, qui nous avait semblé un peu vide en 2018, en la remplissant d'activités. Un éclairage en soulignera les architectures, créant ainsi une ambiance lumineuse. Il s'agit d'éviter les trous noirs. Si nous offrons au public des expériences, il faut qu'elles se fassent dans une ambiance chaleureuse.» La chose implique des navettes pour se déplacer depuis le centre urbain. Y-Park se situe pas précisément à côté de la gare. Rassurez-vous! Il y en aura toutes les trente minutes. Et gratuites, en plus.

Une grande idée traverse les «Numerik Games», dont l'épicentre se situe sur la Grande Scène, au fond du Park. «Par le type de programmation choisi, j'explique que je n'organise pas un festival pour simplement divertir les gens», martèle Marc Atallah. «Le numérique constitue une forme de langage. Le problème, c'est qu'il se voit utilisé la plupart du temps de manière passive et moutonnière, alors qu'il devrait pouvoir servir à la création personnelle. Nous offrons donc à nos participants du créatif, sans pour autant aller forcément jusqu'à l'artistique. Nous prenons de la sorte acte d'une mutation qu'il s'agit d'exploiter et non de subir.» Bref. L'utilisateur lambda dont parle mon interlocuteur peut devenir un acteur technologique «dans un monde où les gens s'aliènent trop souvent par paresse.» Les «Games» devraient constituer un moment de réflexion pour ceux qui ne se plongent pas quotidiennement le nez dans le virtuel. «Nous ne nous adressons pas aux «geeks», mais au grand public.»

Rien que des nouveautés

Si les «Games» peuvent déjà sembler solidement implantés, ils ne se répètent pas pour autant. «Nous serons à 80 pour-cent, voire 90 pour-cent, dans la nouveauté. Ou en tous cas dans la différence. Cela suppose de réfléchir pendant un an. De brasser des idées.» Bien sûr, certains invités reviendront en 2019. Mais leur retour suppose une chose. «Il doivent le faire avec une innovation. Il nous faut à chaque fois de l'original» La Suisse se voit favorisée, avec à nouveau une présence forte. «Nous devons tenir compte en priorité de tout ce qui se fait chez nous.»

Evidemment, il faudra opérer des choix, même si trois jours cela peut sembler long! Le programme, dont il existe tout de même une version papier, comprend en tout quarante-deux numéros. Chacun d'eux recouvre un événement, qui se répète la plupart du temps deux ou trois fois. Marc Atallah tient particulièrement à certains d'entre eux. «Je citerai «Dreams» et «Voyager», par la compagnie japonaise ENRA. Leurs spectacles défient les idées reçues en mélangeant mouvements physiques réels et projections numériques. Il y a aussi «Les secrets du Petit Prince» et les «Contes éphémères» par les gens de Lunidea. Un mélange d'animation en sable, de théâtre et de musique. Je citerai enfin le «World Music Live Show» du Biennois Cee-Roo. Sept millions de clics sur Youtube. Sur des images choisies par l'artiste les gens assisteront à une performance se situant entre concert et film.»

Ce triple choix correspond comme par hasard aux trois premiers numéros du programme. Réalisez par conséquent qu'il en reste encore trente-neuf autres. En dites-vous bien que vous ne verrez pas tout. La démultiplication corporelle, ce n'est pas encore pour tout de suite!

Pratique

«Numerik Games, Y-Park, Yverdon-les-Bains, site www.numerik-games.ch. Vendredi 30 août de 17h à 05h, samedi 31 août de 14h à 05h, dimanche 1er septembre de 11h à 18h.



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