Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Les musées suisse devraient normalement rouvrir leurs portes après le 1er mars

Le Conseil Fédéral a admis le principe. Il faut encore discuter avec les Cantons. En revanche, les théâtres, cinéma et salles de concert devront encore attendre.

Le Musuem Tinguely de Bâle, qui a beaucoup donné dans le "online".

Crédits: Museum Tinguely, Bâle 2021.

La messe n’était pas dite d’avance. Il faut dire qu’il existe des divergences au sein du clergé. Chacun attendait donc la conférence de presse du Conseil Fédéral avec circonspection (admirez la richesse de mon vocabulaire!) mercredi 17 février à 15 heures. Il y avait ceux qui croyaient au Père Noël. On allait selon eux tout rouvrir le 1er mars. Il existait aussi ceux qui imaginaient le statu quo, voire pire encore. J’ai mangé l’autre jour chez une dame d’un certain âge qui pariait pour un confinement total. Elle doit trop écouter les épidémiologues, qui donnent l’impression de vivre une époque formidable dont ils voudraient qu’elle dure toujours. Avec la prison à vie pour les citoyens à la clef. Dans un quotidien romand l’un de ces prophètes a avoué sans ambages se trouver dans une situation «excitante». Il n’y a pas de «médecins fous» que dans les romans de science fiction!

Finalement, les Sept Sages (chic, le mot est épicène!) ont penché pour la politique des petits pas, façon Japonaises en kimono trottinant sur leurs «géta» (1). Ils ont libéré les magasins et les musées. Il leur faut juste l’accord des cantons, qui pourront sans doute se montrer plus sévères en balayant chacun devant leur porte. Gageons que ces institutions accepteront vite l’invite. J’ai pourtant récemment appris dans la presse (je lis beaucoup de sottises, en ce moment) que d’aucuns espéraient voir les musées rester clos par solidarité avec les théâtre ou les cinémas. Les pauvres, qui devront encore attendre, attendre, attendre (2)... Comme si les coiffeurs avaient éprouvé des velléités sacrificielles par rapport aux coiffeurs, aux esthéticiennes et aux prostitué(e)s! La chair, même en ce moment, l’emporte en effet sur l’esprit.

Le grand vide

Il faudra évidemment voir comment les choses se passeront. Faudra-t-il obligatoirement réserver, comme c’était le cas à Genève depuis l’été dernier? Je n’espère pas. Dans certains lieux, la demande demeurait en effet si faible cet automne qu’il eut presque fallu des «aboyeurs» sur le trottoir pour insister à rentrer (3). Je vous rappelle que la jauge se montait à 900 personne au Kunstmuseum de Bâle ou à 300 au Mamco. Des chiffres jamais atteints, même en temps normal et sans virus. Il se fait que les humains, les moins cartésiens des animaux, n’ont pas peur de faire leurs courses au supermarché. Et que les mêmes gens se montrent rétifs à entrer par peur dans un lieu culturel. Un reste de puritanisme sans doute. Le fameux mot «indispensable» permet toutes les entorses possibles à la logique.

J’en reste là pour aujourd’hui. On verra bien demain. De toute manière, une des grandes leçons de la pandémie est de nous avoir appris que le seul mot important, c’est «maintenant». Alors n’attendez pas le printemps ou l’été. On ne sait jamais ce qui va se passer. Même les épidémiologues, si vous voulez mon avis, l’ignorent. C’est d’ailleurs finalement rassurant.

(1) Socques de bois surélevées, la pointe du pied étant retenue par un lien coloré.
(2) Et je ne parle pas des restaurateurs et des cafetiers, les grands perdants de 2020-2021!
(3) J’en ai vus devant la Pyramide du Louvre l’été dernier. Sic transit gloria mundi!

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