Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Les Journées suisses du patrimoine se pencheront en septembre sur la couleur

Il y a aura 93 objets à visiter les 14 et 15 septembre dans la partie romande. J'ai noté au programme un peu de tout. Comme de coutume. Je vous fais une petite pré-sélection.

Les Avanchets de Genève, si contestés lors de leur construction dans les années 1970, deviennent aujourd'hui historiques.

Crédits: Tribune de Genève

Les Journées du Patrimoine 2019 vont prendre de la couleur. Du moins en Suisse, où elles se dérouleront le 14 et 15 septembre, la France proposant les siennes une semaine plus tard. A Genève ou à Lausanne, elles auront lieu en même temps que tout. Comme d'habitude. Cette manifestation lancée dans notre pays en 1994 a heureusement su se faire au fil du temps un public. Un peu trop nombreux, parfois. Tous les lieux ne se prêtent pas aux foules.

Il y aura 93 visites, ateliers, conférences autour de couleurs, avec (of course) la présence de Michel Pastoureau. Le spécialiste, que dis-je la star du rouge, du vert ou du bleu, s'offrira la coquetterie de parler le dimanche 15 de «La naissance du noir et blanc» à l'Aula du Collège de Gambach à Fribourg. Un lent processus intimement lié selon lui au développement de l'imprimerie. Ce sera aussi une diversion au milieu de la palette chatoyante des vitraux, des entrées d'immeuble fin de siècle (XIXe siècle s'entend!), des mosaïques ou du néon.

Programme à se construire

Des conférenciers proposeront des visites me semblant parfois un brin longuettes. Sauf à Genève ville, les amateurs devront par conséquent cibler leurs choix. J'ai le souvenir de m'être une année lâché sur le canton de Vaud. Les distances rendaient le parcours très compliqué, surtout si certains horaires devaient se voir respectés à la minute près. Cela dit, certains des cantons romands impliqués proposent des programmes plus riches que d'autres. S'il n'y a que quatre objets dans le Jura bernois, Fribourg en offre onze, Vaud seize et Genève, qui veut toujours mieux faire que tout le monde vingt-et-un. Pas de chance! Cette fois, le Valais a mis sur pieds vingt-trois événements, dont certains se situent il est vrai en zone germanophone.

L'église de Lutry-Paudex. Photo DR.

Toutes les époques seront représentées. Le pompeux cohabitera avec le modeste. L'inédit avec du déjà-vu, mais considéré sous un autre angle. Il me semble toujours difficile de choisir pour les autres. Dans le Jura bernois, je retiendrai cependant la cage d'escalier 1900 du 12, Champ Pention de Valbirse ou les vitraux d'Alfred Manessier (un peintre encore très en vogue au début des années 1960) de Notre-dame de la Prévôté de Moutier. Si le Collège du Père Girard et l'Albertinum de Fribourg peuvent sembler spectaculaires, Marly, dans ses faubourgs, reste le temple du Cibachrome. Il y aura une démonstration de forme d'impression couleurs, aujourd'hui hélas en voie de disparition.

"Réalisation emblématique"

A Genève, les amateurs pourront visiter l'intégralité du Casino-Théâtre, bien amoché vers 1980 pour y attirer des tournées théâtrale Karsenty, qui ne sont en fait jamais venues. Mais j'ai également noté l'intérieur de l'Eglise Russe ou les décors peints des maisons Amoudruz, l'une restaurée et l'autre pas, du 75-77, boulevard Saint-Georges. L'audace est ici d'inscrire au programme Les Avanchets, dont les immeubles n'ont guère fait l'unanimité dans les années 1970. «Une réalisation emblématique bien ancrée dans la culture de son temps», ai-je lu dans la brochure servant de guide. Normal. Il suffit aujourd'hui d'attendre pour se retrouver sacralisé.

Le Cibachrome à Marly. Photo DR.

A Neuchâtel, les visiteurs iront aux toilettes. Mais attention! Il s'agira de celles de la maison de Friedrich Dürrenmatt, peintes par le maître. En Valais, il y aura d'autres réalisations murales, aujourd'hui en restauration, à Valère. Celles-ci remontent au Moyen Age. Le moment de signaler, toujours à Sion, l'actuelle exposition du Musée d'art et d'histoire sur ces siècles que l'on a longtemps dits «obscurs». Vaud offrira une autre église orthodoxe, Sainte Barbara de Vevey. Catholique, Saint-Martin de Lutry-Paudex a été décoré par le Groupe de Saint Luc dans les années 1920. Pour continuer dans le sacré, je signalerai enfin les fresques tracées à la même époque au temple protestant de Prilly. C'est du Louis Rivier.

Pratique

Je ne vous ai bien entendu pas tout dit. Pour connaître les détails, il y a la brochure carrée, assez difficile à trouver (j'ai été à la roulotte touristique de la rue du Mont-Blanc à Genève). Il existe aussi un site. Je vous le donne. C'est www.patrimoineromand.ch Il demeure selon moi nettement plus facile de consulter la version papier en cornant les pages. Elle compte tout de même 100 (de pages, donc)!

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