Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Les Journées du Patrimoine 2020 seront placées en Suisse sous le signe de la verticalité

La population augmente. Il faut la loger sans trop miter le territoire. D'où une 27e édition les 12 et 13 septembre pleine de tours des belvédères et d'arbres géants.

Les tours de Carouge, qui figurent aussi au programme.

Crédits: Tribune de Genève

L’affiche est déjà apparue dans les rues de Genève il y a quelques jours. Oh, pas longtemps! C’était comme pour nous dire que les Journées du Patrimoine auraient bien lieu en 2020 à la fin de l’été. On sait qu’elles se déroulent en Suisse une semaine avant la France. Ce sera pour nous les samedi 12 et dimanche 13 septembre. Une vingt-septième fois pour Genève dans la mesure où les Journées, créées en France sous l’impulsion de Jack Lang en 1991, existent dans notre pays depuis 1994. Je suppose qu’elles avaient aussi lieu cette année-là à Lausanne, Sion ou Neuchâtel, mais j’avoue ne pas m’en souvenir distinctement. C’est cela la force de l’habitude. On finit pas avoir l’impression que les choses ont toujours existé!

L’édition 2020 se placera à Genève, le seul canton romand ayant pour l’instant mis son programme en ligne, sous le signe de la «Verticalité.» La population augmente, plutôt plus vite qu’ailleurs en Europe. La Suisse devrait compter en 2050 plus de 10 millions d’habitants, alors qu’elle n’en totalisait que 4,3 en 1945. Nous en sommes aujourd’hui à 8,5 en raison de l’immigration et du vieillissement de la population. Il faut trouver de la place pour tout ce monde, la Suisse ne comptant (à part les Alpes, bien sûr!) pas d’énormes zones vides comme c’est aujourd’hui le cas en France ou en Italie. Le terrain ne peut pas se voir constamment mité de constructions, même si certains Valaisans le croient encore. Des votations donnent régulièrement des signaux d’alarme. L’avenir est donc aux constructions hautes, qui ne vont par ailleurs pas sans poser des problèmes sociaux.

Le programme genevois

Je ne peux donc pour l’instant vous donner qu’un aperçu du programme genevois pour ce week-end coïncidant avec le Jeûne. Il y aura dix-huit visites en tout. Elles iront de la Tour de l’Ile à celle de la RTS en passant par… le Jet d’eau. Il y aura aussi le Lignon, les séquoias géants des parcs, un hommage à l’architecte Maurice Braillard, le haut de la chapelle des Macchabées (c’est la visite que je recommanderais en priorité, le décor est étonnant), la tour d’Hermance ou celle du boulevard de la Tour. Je ne dis pas que tout se révélera affriolant. Il faudra beaucoup de bonne volonté pour trouver du «sex-appeal» aux immeubles du 8-10, rue du Devin-du-Village, qui serviront dans ces Journées de belvédère sur le Rhône.

La Tour de l'Ile. Une photo patrimoniale datant d'environ 1900. Photo Centre d'Iconographie genevoise, Genève 2020.

Il ne s’agit pas là du seul bémol. Tout devra se voir réservé à l’avance, les inscriptions gratuites pouvant se faire dès le 1erseptembre en ligne à midi. «Assurément exceptionnelles et plus encadrées que d’habitude», ces Journées promettent néanmoins, selon le texte officiel du Canton, au ton un peu convenu (voire franchement tarte), «d’intéressantes découvertes et de beaux moments de partage». Le site appelle bien sûr appel à notre compréhension et à notre «esprit de solidarité», même si je ne vois pas très bien ce que cette dernière vient faire là-dedans.

Un succès gênant

Il faut dire que les Journées sont devenues victimes de leur succès, toujours bien plus grand en Suisse romande que dans les cantons alémaniques. Ouvertes et sympathiques au début, quand les amateurs sautaient joyeusement d’une visite à la suivante, elles se sont peu à peu figées en raison de l’afflux de foules. Heureusement qu’elles offrent (parfois) de l’inédit et de l’inaccessible en temps normal. Autrement, je me dirais qu’il faut faire des visites patrimoniales à n’importe quel moment de l’année, sauf pendant les Journées du patrimoine.

A ce propos, on connaît déjà le thème de celles de 2021. Ce ne sera plus la verticalité, mais «Construction et artisanat». Je vous dois encore le site pour les inscriptions, la brochure carrée n’ayant pas encore paru. C’est https://www.journeesdupatrimoine.ch/home

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