Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Les Frères Chapuisat vont (peut-être) créer leur première sculpture pérenne à Nyon

Rois de l'éphémère, les Vaudois ont imaginé "Charpentification" pour le jardin d'une unité parascolaire. D'énormes poutres se bois seraient posées dans le jardin.

La sculpture prévue avec, au fond, la maison.

Crédits: Image de synthèse, les Frères Chapuisat.

La Maison Gubler de Nyon se verra-t-elle prochainement dotée d’une «Charpentification»? Les choses semblent plutôt bien parties. L’aventure en arrive aujourd’hui au stade du «crowdfunding». Il reste à trouver le 20 pour-cent de la somme, soit 30 000 francs. Si l’affaire aboutit, les Frères Chapuisat pourront se lancer, le but étant de créer une sculpture habitable, une sculpture à vivre, une sculpture à s’approprier de treize mètres de large dans le jardin.

J’ai sans doute sauté des étapes. Je reviens donc au point de départ. En 2012, la Municipalité de Nyon a fait l’acquisition d’une propriété, et surtout de son terrain de 7300 mètres carrés. La Maison Gubler semblait en mauvais état. Il y a donc eu en 2014 un concours d’architectes afin de la réhabiliter. Les travaux se sont finalement vus exécutés entre 2018 et 2019. Il fut alors décidé de faire du bâtiment remis à neuf une UAPE. Soit, en langage clair, une Unité d’accueil pour enfants. Le para-scolaire a atteint des sommets depuis mon enfance à moi, où rien de ce genre n’existait. Une centaine de jeunes se verront donc accueillis ici à prix d’or.

Au lieu d'une place de jeux

Au départ, la Municipalité pensait aménager devant l’édifice une banale place de jeux. Des voisins et des parents d’enfants ont fait grise mine à cette annonce. Il convenait de tenter tout de même un peu mieux. Quelque chose de plus créatif. Ces gens ont alors lancé le projet Chapuisat, puis ils ont été frapper à la porte des Nouveaux Commanditaires. Vous savez! Ces gens permettant la matérialisation de ce que les démagogues appellent des «initiatives citoyennes». Tout s’est alors mis en branle. La Municipalité a dit d’accord et mis la main à sa poche. Mais la règle du jeu exige une participation financière de privés. Après tout, qui paie commande.

Pour le frères Chapuisat, il s’agirait d’une grande première. Jusqu’ici, ils s’étaient spécialisés dans les créations éphémères en bois, ce dernier se voyant à chaque fois réutilisé pour concevoir de nouvelles pièces. Je vous ai ainsi parlé du labyrinthe rempli de terre courant sous les murs de l’ancienne galerie de la Genevoise d’adoption Laurence Bernard. Du bain juché sur le toit d’un ancien abattoir de Serrières lors de l’exposition organisées pour les trente ans du CAN neuchâtelois. Du remplissage par des poutraisons de la Salle Crosnier à l’Athénée. D’autres événements encore… Les Chapuisat, qui semblaient un peu en veilleuse ces derniers temps, possèdent une imagination pour le moins fertile. Ici, ils utiliseront d’énormes troncs de chêne, du genre charpente pour Notre-Dame de Paris. Le bois se verra certifié suisse. Les commanditaires ont beau ruer dans les brancards municipaux. Nous restons tout de même ici dans le correct. D’où le prix de l’opération!

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