Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Les foires d'art devraient se bousculer dès septembre. Mais auront-elles bien lieu?

Le calendrier est effrayant. Vingt-sept salons rien que pour septembre selon Artnetnews. Dont Art/Basel. Mais qui osera s'y rendre s'il y a des quarantaines?

A Art/Basel en juin 2019.

Crédits: Photo Art/Basel

Ça va chauffer en septembre. Les foires repoussées en mars, avril et mai, vont tenter de se faire une petite place dans un calendrier déjà archi-serré. Selon Artnetnews, il y aurait ainsi 27 foires dans le monde en septembre. La plus importante serait bien sûr Art/Basel et ses strapontins comme Liste. Un événement qui semble avoir du plomb dans l’aile. Il faudrait, pour que la chose ait lieu, que les gros clients et galeristes puissent sortir des Etats-Unis et ensuite y rentrer sans quarantaine. Mieux vaut ensuite que la crise économique ne frappe ni trop vite, ni trop durement.

On peut former davantage d’espoirs pour les manifestations nationales, voire locales. Les «affordable art» devraient pouvoir s’en tirer, pour autant qu’ils reçoivent les inscriptions voulues. Le nombre des galeries devrait en effet baisser rapidement dans le monde. D’un tiers en tout cas selon la «star» française Emmanuel Perrotin. Mais pour certains observateurs, ces sont les foires qui ont en fait le plus à redouter. Il y en a trop chaque année. Certains parlent de 300 événements. D’autres même de 400. Ils ont fini par se chevaucher, comme les festivals de cinéma.

Le grand tour

Certains critiques soulèvent par ailleurs des problèmes éthiques, comme Philippe Dagen dans une chronique du journal «Le Monde» parue il y a quelques semaines. Le premier est selon lui l’immoralité foncière du marché de l’art, qui transforme la créativité en marchandise. Vieux débat, très intellectuel. Je me permets de faire remarquer que les artistes doivent manger comme tout le monde. Il y a ensuite l’empreinte carbone et le recyclage. Est-il admissible que des œuvres prennent sans cesse l’avion et que le luxueux décor des salons (quoique ceux d’Art/Basel…) finisse au bout de quelques jours à la poubelle? Soyons éco-responsables!

Toujours est-il que le calendrier d’Artnetnews va pour septembre de Séoul à Bruxelles en passant par Moscou, Shanghai, Beyrouth et Vancouver. Le grand tour, quoi! Il ne me semble en plus incomplet. Je n’y ai ainsi pas vu la Biennale Paris, nouvelle mouture de La Biennale des Antiquaires, qui devrait se dérouler du 18 au 22 septembre sous la verrière du Grand Palais. Tout continuera en octobre. A l'heure actuelle ne sont agendés ce mois que 21 salons, dont beaucoup n’auront sans doute pas lieu. C’est un peu comme si une bulle allait sauter sous peu. Il n’existait guère qu’une trentaine de foires en 2000. N’était-ce pas suffisant?

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