Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Les Cinémas du Grütli rendent hommage à Stanley Donen

Dès le 12 juin, les salles genevoises rendent hommage au cinéaste disparu en avril dernier. Quatorze titres sont au programme, dont "Chantons sous la pluie".

"Arabesque", avec Gregory Peck et Sophia Loren est bien sûr prévu.

Crédits: DR

Il faut parfois un «suivi», comme on le dit en journalisme. Les Cinémas du Grütli se sont montrés prompts à réagir à un décès qui a passé trop inaperçu dans les médias. Stanley Donen est mort le 13 avril à New York. Je vous avais alors dit l'importance de son œuvre, presque exclusivement située dans le Hollywood de la grande époque. Stanley n'avait que 25 ans lors de la réalisation dans des décors naturels, ce qui semblait révolutionnaire à l'époque, d'«Un jour à New York». C'était en 1949. Son premier film. Il sera suivi de nombreuses autres comédies musicales. Après le quasi arrêt du genre en 1957, l'homme passera à la comédie tout court. Toujours avec la même élégance.

Je ne vais pas vous refaire l'article, au propre comme au figuré. Il me semble trop récent. Sachez que les Cinémas du Grütli proposeront à Genève quatorze titres du maître, dont la carrière s'arrête en fait assez tôt. En 1980, année où il réalise bizarrement un titre de science-diction, «Saturne 3», la messe est quasi dite. Le cinéaste appartient à un monde révolu, ce qui est dur d'admettre à 55 ans. Il n'y aura plus de réelle demande pour ces machines à créer du bonheur que constitue la plupart de ses chefs-d’œuvre, même si certains d'entre eux («Voyage à deux», par exemple) se teintent d'une certaine mélancolie.

"Embrassez-là pour moi". Un titre rare. Photo DR.

Comme le veut la règle du jeu, Les Cinémas du Grütli proposent les grands classiques, pour permettre aux aînés de revoir et aux jeunes de découvrir. Figurent bien sûr au menu «Chantons sous la pluie», «Charade» ou «Funny Face». Mais le programme se devait aussi de comporter des raretés. Je pense notamment à «Bedazzled». Ce jeu avec le diable n'a connu aucun succès en 1967, alors qu'il s'agit d'une création très drôle. «Embrasse-là pour moi» de 1957 vaut pour le couple pour le moins improbable formé par Cary Grant et Jayne Mansfield. C'est autrement un film de guerre à mon avis décevant.

Il va de soi que chaque long-métrage se verra projeté plusieurs fois. Les plus réputés d'entre eux le seront cependant plus souvent que les autres. Mais ça aussi, c'est une règle du jeu.

Pratique

«Stanley Donen, Une rétrospective», Cinémas du Grütli, 16, rue du Général-Dufour, Genève, du 12 juin au 9 juillet. Tél. 022 320 78 78, site www.cinemas-du-grutli.ch Le programme entier y figure avec les dates et heures de projection.

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