Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Les archéologues anglais déterrent une villa romaine de plus d'un kilomètre carré!

La chose se passe à Scarborough, dans le Yorkshire. La grande question reste "pourquoi là?" Nous sommes en effet loin de tout, au bord de la Mer du Nord.

Une partie des substructions.

Crédits: Monuments britanniques.

Ce serait la découverte du mois. Voire celle de l’année, même si cette dernière ne fait que commencer. Tout est parti d’une fouille préventive à Scarborough, dans le Yorkshire. Une société entendait construire là un nouveau quartier d’habitation. Les archéologues pressentaient qu’ils trouveraient des choses, mais pas à ce point. Est en effet apparue la substructure d’une immense construction romaine, couvrant avec ses dépendances l’équivalent de 1,2 kilomètre carré. Il s’agit là d’une villa, avec des bains. Cet ensemble composite aurait par la suite partiellement été converti en un lieu de culte. Un schéma bien connu sur le Continent, notamment à Genève. N’oublions pas que l’occupation romaine en Angleterre, protégée des actuels Ecossais par le fameux «mur d’Hadrien» dont il reste des vestiges imposants, a tout de même duré de 43 à 410. Quatre siècles…

Au centre de la construction exhumée à Scarborough se trouvait une tour. Elle donnait accès à de nombreuses pièces. Un complexe très raffiné. Pour Keith Emmerich, des Monuments britanniques, l’ensemble était dû «aux meilleurs architectes de l’Europe du Nord», qui auraient employé «les artisans les plus qualifiés.» L’homme pense qu’il s’agit du coup d’un événement archéologique capital. La trouvaille permettra en effet de considérer d’un autre œil la «Bretagne» antique. Historic England a du reste déjà demandé à ce que l’actuel chantier se voit classé «monument d’importance nationale». Le plus haut niveau de protection.

York, la grande ville d'alors

La grande question à résoudre, alors que les fouilleurs prospectent un terrain de plus en plus vaste, reste cependant «pourquoi ici?». Au bord de la mer du Nord. Nous sommes dans la campagne, alors qu’Eboracum, l’actuelle York, se trouve à une certaine distance. Or Eboracum était alors une grande ville (l’empereur Septime-Sévère y est mort en 211), ce qu’est du reste demeurée York jusqu’au XIXe siècle, la cité comptant aujourd’hui environ 250 000 habitants. L’immense cathédrale, qui la caractérise, en témoigne. L’édifice est du reste bâti sur des vestiges romains et saxons. Une situation périlleuse. Extrêmement lourde, l’église (ou du moins sa tour centrale) a bien failli s’écrouler dans les années 1960.

Une dernière précision. La société prévoyant un nouveau quartier à Scarborough a annoncé qu’elle changeait ses plans de construction. Elle doit bien rester la seule à ne pas se féliciter de la découverte.

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