Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Les 24e Journées de la photographie de Bienne sont repoussées à mai 2021

Prévues sur le thème de la rupture aussi bien écologique que politique ou identitaire, les expositions sont annulée pour 2020. On espère que la chose se fera l'an prochain.

L'affiche du festival annulé.

Crédits: Journées de la photographie de Bienne 2020.

«Nous n’imaginions pas nous faire rattraper par la réalité des événements et par l’actualité effrayante de la thématique proposée par le festival.» Les Journées photographiques de Bienne avaient choisi pour leur 24e édition «la rupture». Avec toutes sortes de déclinaisons, des crises identitaires aux transitions écologiques en passant par les instabilités politiques. Prévue pour mai, cette mouture annuelle n’aura pas lieu cette fois comme prévu. La faute au coronavirus. La série d’expositions prévues dans la ville par Sarah Girard et son équipe n’a pas été renvoyée à des temps meilleurs, comme cela se fait beaucoup en ce moment. Les prochaines Rencontres se dérouleront en mai 2021. Probablement sur le même thème. Mais enrichi. «Car au fond le décisif n’émerge-t-il pas de la brèche et de la fêlure?»

Bienne propose un festival sérieux, en général un peu austère, avec beaucoup de prises de tête. Comme à «Visa pour l’image» de Perpignan, on n’est pas là pour rigoler, même si l’approche se révèle ici plus intellectuelle. Rien à voir avec Vevey, où les «Images», une fois tous les deux ans (prochaine édition en septembre 2020), se veulent ludiques et surtout populaires. Vevey est destiné aux familles, qui profitent d’une belle journée d’automne pour faire un tour dans la ville. Les amateurs vont à Bienne, où le climat semble par ailleurs moins clément, pour réfléchir à de grands sujets de société qui se retrouvent en quelque sorte illustrés par la photographie.

Nuages à venir?

Tout le monde espère bien sûr que Bienne 2021 ait lieu. Mais les Journées sont une manifestation fragile, qui a déjà failli une fois s’interrompre. Il faut en effet se faire du souci, après une année blanche, pour des festivals soit confidentiels comme celui-ci, ou au contraire très grand public. Si jamais, mais là je me montre très pessimiste, Paléo ne devait pas se dérouler à Nyon cet été, ce serait ainsi catastrophique, ce rassemblement musical ayant déjà donné des signes de fatigue en 2019. Tout comme, sur un plan plus chic et plus cher, Montreux Jazz. Il faut à mon avis craindre que la culture se retrouve mise au régime l’an prochain pour cause de caisses vides. Mais j’arrête là. J’aurai largement le temps d’y revenir.

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