Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

L'Egypte fait de la découverte de 59 sarcophages "en excellent état" un événement

Il s'agit de préparer l'ouverture en 2021 du Grand Egyptian Museum, près des Pyramides. Les archéologues multiplient les découvertes pour maintenir l'intérêt.

Les sarcophages présentés à la presse.

Crédits: Khaled Dasouki, AFP.

L’Egypte aime bien à montrer qu’elle s’occupe de son patrimoine antique. Il faut dire que ce dernier a connu une grosse alerte il y a quelques années, lors d’une poussée intégriste. Il y a aussi eu les pillages au Musée du Caire ayant accompagné la chute du président Moubarak en 2011. Aujourd’hui, le pays entend au contraire profiter du renom de son archéologie. L’ouverture du Grand Egyptian Museum (GEM) ne se fera certes pas cette années comme prévu. Mais l’inauguration de ce bâtiment, au propre pharaonique, reste prévue pour 2021. On sait qu’aucune dépense n’a paru trop élevée pour lui. Il devrait contribuer à faire remonter le tourisme, en chute libre depuis 2011. Et le coronavirus n’a rien arrangé…

Les cercueils dateraient d'entre le VIIIe et le VIe siècle avant Jésus-Christ. Photo Khaled Dasouki, AFP.

Il y a quelques jours, avec une belle mise en scène, le ministre des Antiquités nationales Khaled Al-Enani a donc présenté à la presse internationale la dernière grand découverte en date, toute récente. Il s’agit de 59 sarcophages «en parfait état». Ils ont été trouvé dans des puits à Saqqarah, non loin de la plus ancienne des pyramides, celle de Djeser, vieille de 4700 ans. Ces sépultures se révèlent en revanche bien plus récentes. Elles remontent sans doute à la XXVIe dynastie, qui a duré du VIIIe au VIe siècle avant Jésus-Christ. On parlait jadis de la dynastie «saïte», vu que ses rois venaient de Saïs. C’est un temps de complet renouveau de l’art pharaonique, même s’il s’inscrit dans une longue tradition. La sculpture apparaît alors d’une extraordinaire qualité. La chose semble du reste se refléter dans les sarcophages, présentés en rang d’oignon aux journalistes sous une tente. Des photos en font foi.

Un peu de propagande

S’agit-il pour autant d’une découverte archéologique aussi importante qu’on veut bien le faire dire? Bien sûr que non! Ce n’est de loin pas Toutankhamon bis. Le ministre a beau dire que les cercueils seront transportés après examens au GEM. Il y a là de la propagande. Il s’agit de maintenir l’attention du public sur l’art égyptien. D’autres «découvertes capitales» se produiront probablement d’ici la fin de l’année prochaine. Des sarcophages, il doit en rester dans une bonne partie du sol national. Il suffit de les trouver au bon moment! En général, la presse suit.

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