Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le projet d'un nouveau Kunstmuseum de Berne ressort du placard après treize ans

Il s'agirait cette fouis d'un prolongement de l'ancien, à construire d'ici 2029. Coût 80 millions. Principal mécène, le milliardaire Hansjörg Wyss.

Le bâtiment originel du Kunstmuseum.

Crédits: Ville de Berne.

C’est un serpent de mer, ou plutôt de terre. Le projet d’un nouveau Kunstmuseum de Berne vient de refaire surface. L’ancien plan avait été abandonné en 2008 après un désaccord survenu avec le service des constructions. Ce dernier n’approuvait pas le tracé du plan proposé par l’architecte tessinois retenu. Il s’agissait alors, pour autant que mes souvenirs soient bons, de créer (pour une vingtaine de millions au plus) un lieu pour l’art contemporain de l’autre côté de la Hodlerstrasse. Une ancienne école se serait vue transformée. Mais de tout cela il ne reste que du feu sur Internet, à part un texte peu clair sur le site du Kunstmuseum lui-même.

Cette fois, la décision est au départ politique et non muséale. Berne veut valoriser le quartier un peu mort où se trouve le vieux Kunstmuseum, déjà plusieurs fois agrandi. La dernière mouture, conçue par l’Atelier5 vers 1980, n’avait satisfait personne. Elle s'était vue plusieurs fois retouchée depuis son inauguration en 1983. Il y a en plus un manque endémique de place. Le Zentrum Paul Klee, cet immense navire un peu à la dérive, pourrait bien sûr se voir reconverti. Mais il reste attribué à Paul Klee de par la volonté des principaux donateurs, Martha et Maurice Müller. Les expositions créées dans ce lieu excentré tournent donc toutes autour du maître.

Un financement cantonal

La nouvelle idée émise tient de l’extension. Le Conseil de fondation a opté pour un prolongement du bâtiment des années 1880 et de celui des années 1980. Il y aurait ainsi de nouveaux espaces d’exposition, les anciens devant se voir partiellement rénovés. Des lieux d’enseignement se voient également prévus. Le résultat devrait se concrétiser d’ici la fin de la décennie. Le premier budget est de 80 millions. «Peanuts» à l’échelle suisse, même si le budget a tout de même quadruplé en treize ans.

Hansjörg Wyss, déjà à la tête de la Fondation Beyeler. Photo Keystone.

Et qui paiera, au fait? Le Canton mettra sur le tapis la moitié de la somme. Vingt-cinq millions ont été promis par le «milliardaire de gauche» (c’est l’ennemi juré de Christoph Blocher) Hansjörg Wyss, 86 ans. L’homme, qui vit aujourd’hui dans le Wyoming «sans carte verte et avec mon seul passeport suisse», est connu pour ses largesses envers les scientifiques et le monde artistique. Il cautionnait déjà la version inaboutie de 2008. Le Bernois pèse selon le magazine «Forbes» quelque chose comme 6,5 milliards de dollars. Rappelons qu’il se trouve aussi à la tête de la Fondation Beyeler. Un musée privé qu’il a aussi tendance à doter.

Et les quinze millions restants? La dépêche de l’Agence télégraphique suisse, que j’ai consultée, n’en souffle mot. On pourrait imaginer un appel au peuple, comme pour le MAH genevois ou le Kunsthaus de Zurich. Mais nous n’en sommes pas encore là...

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