Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le prochain festival de l'histoire de l'art de Fontainebleau parlera du peuple au château

C'est le sujet à la mode. Les 7, 8 et 9 juin, les participants devront faire le choix entre 300 événements au château. L'autre thème de 2019 sera les pays scandinaves.

Le petit bonhomme de l'illustrateur suédois Carl Larsson, qui symbolise le festival.

Crédits: DR

Ce sera la neuvième édition. Les 7, 8 et 9 juin, le château de Fontainebleau accueillera le Festival de l'Histoire de l'art. Il y aura comme de coutume un thème et des pays invités. Ces derniers arriveront en tir groupé, puisqu'il s'agit de la Scandinavie. Ils amèneront avec eux des sujets allant des Vikings à nos jours, plus trois artistes. Il s'agira pour le XIXe siècle du Français François-Auguste Biard, qui s'est promené dans ces régions, du Norvégien Peder Balke, dont la National Gallery de Londres a proposé en 2014 une rétrospective réfrigérante. Anna-Eva Bergman, l'épouse de Hans Hartung, représentera le XXe. Danh Vô pourra du coup prononcer la conférence inaugurale. On sait qu'arrivé enfant au Danemark, cet enfant de «boat people» a eu droit à un commissariat chez François Pinault à Venise et qu'il a bénéficié d'une exposition en solo au Guggenheim de New York. Le 7e art prenant une importance croissante à Fontainebleau des longs-métrages se verront projetés. Ils iront du muet (Mauritz Stiller) au «dogme» actuel (Lars von Trier).

Pour ce qui est du thème central, «Le peuple» se rattachera pour le moins à l'actualité. Le discours populaire succédera à la nature, explorée en 2017, et au rêve, autour duquel tournait l'année 2018. Il sera aussi bien question de l'utopie d'un art social que de la photo d'amateur. D'objets du quotidien ou de films comme «La Marseillaise» (1937) de Jean Renoir. Le tout sur un ton très universitaire, bien entendu. Il faut montrer que la France d'en haut sait parfois regarder celle d'en bas. Parmi les orateurs, j'ai aussi bien noté Jean-Hubert Martin que de Katya Garcia Anton, ex-Centre d'art contemporain à Genève. Jan Blanc viendra parler des «pratiques et cultures populaires». Ce sera là l'un des 300 événements de ce festival un peu boulimique.

La thèse en trois minutes

Pour la troisième fois, selon une mode qui s'impose, des étudiants présenteront leur recherche en trois minutes. On devrait obliger certains conférenciers patentés à en faire autant. Il y aura une Galerie des métiers. Les organisateurs ont pensé aux scolaires (c'est ainsi que l'on nomme les élèves outre-Jura) et aux familles. J'en profite pour dire que le festival se trouve désormais sous la houlette de Veerle Thielemans, qui a l'air d'être une sérieuse. Elle remplace Annick Lemoine. Pierre Eugène s'occupe de la section cinéma. Plus de cent éditeurs et libraires ont répondu présents. C'est beaucoup. Je sais. Mais de toutes manière il faudra opérer des choix. Il ne reste plus qu'à se rendre à Fontainebleau. On est ici dans la France profonde, côté communications. Voilà ce qui aidera à se rapprocher du peuple!

Le site

www.festivaldehistoiredelart.com



Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."