Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le Prix Pritzker 2021 va à deux architectes bordelais inconnus du grand public

Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal sont les spécialistes de l'adaptation et de la transformation. Pour eux, on devrait jamais démolir. Il y a toujours une solution.

Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal.

Crédits: Joël Saget, AFP

Pour certain, c’est le Nobel de l’architecture. Pour d’autres le Goncourt. Ou encore l’Oscar. A chacun des références. Toujours est-il que le Prix Pritzker s’est imposé depuis sa création en 1979, année où il avait couronné le vétéran américain Philip Johnson. Tous les «archistars» ont défilé depuis, certains étant aujourd’hui morts depuis longtemps comme James Stirling, Aldo Rossi, Hans Hollein ou I.M.Pei. Peu de femmes. Zaha Hadid l’a tout de même obtenu, comme l’année dernière le tandem irlandais composé de Shelley McNamara et d’Yvonne Farrell.

Cette année, la récompense va à un autre tandem. Mixte, celui-ci. Il s’agit des Français Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal. Des provinciaux puisqu’ils sont de Bordeaux, même s’il est arrivé à leur bureau de travailler dans la capitale. C’était notamment le cas pour réhabiliter en 2011 les logements de la Tour Bois Le Prêtre. Un ensemble construit dans les années 1960. Une grande partie de la production des duettistes concerne en effet les adaptations, transformations et rénovations. Pour Vassal, on devrait aujourd’hui démolir le moins possible. Il existe presque toujours un moyen pour redynamiser une construction, tout en restant dans de coûts raisonnables. C’est ce qu’Anne et Jean-Philippe ont fait entre 2014 et 2017 au Grand Parc de Bordeaux, remontant lui aussi aux années 60. Autrement dit à la petite enfance des lauréats actuels du Pritzker.

Changement d'orientation

Pour les jurés, le but semble clair. «Leur travail, qui répond aux urgences climatiques et écologiques de notre temps tout autant qu’aux exigences sociales (…), rend leur vigueur aux espoirs et aux rêves modernistes d’amélioration de la vie du plus grand nombre.» Avec cette «laudatio», les gens du Pritzker confirment leur renversement de tendance depuis quelques années. Au départ, ils regardaient des gens multipliant les gestes architecturaux presque absurdes, comme Jean Nouvel ou Rem Koolhaas. Aujourd’hui, ils se tournent vers les humbles et les modestes. C’était le cas, par exemple, en 2016, quand ils ont distingué Alejandro Avaravena. Le Chilien a depuis donné une parfaite Biennale de l’architecture à Venise. Le Pritzker et la Biennale ont d’ailleurs presque parties liées. A quand celle des Lacaton-Vassal?

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