Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le Palazzo Venezia et le Castel Sant'Angelo de Rome servent de vitrines à Bulgari

C'est l'exposition promotionnelle. Nous sommes ans le haut luxe, avec un accompagnement de haute couture. L'exposition a pourtant de la peine à trouver son public dans la Ville Eternelle.

Le collier mis en exergue sur l'affiche.

Crédits: Bulgari, Rome 2019

C'est l'une des expositions de l'été romain, une saison où les visiteurs n'ont ici pas grand chose à se mettre ici sous la dent. Elle s'adresse en plus aux croqueuses de diamants. «Bvulgari, La storia, il sogno» (il est plus apparemment plus chic d'écrire Bvulgari que Bulgari) se déploie même sur deux sites. Les bijoux, c'est pourtant petit. Il a ainsi fallu à la firme, rachetée à la famille par LVMH en 2011 le Palazzo Venezia et le Castel Sant'Angelo. Des endroits prestigieux.

La manifestation montée par Chiara Ottaviano s'appuie naturellement sur les archives de la maison.. Ces dernières années, Bulgari a beaucoup racheté de pièces, afin de se créer un musée, comme Cartier. La firme a ainsi été l'un de gros acheteurs de la vente après décès de Liz Taylor en 2011. Une cliente comme il en existe peu. «Le seul mot d'italien que Liz ait appris en deux ans à Rome, c'est Bulgari», disait d'ailleurs son mari de l'époque Richard Burton. C'est le Castel qui prend acte du rapport de la maison de la via Condotti avec les vedettes. Il y en a eu beaucoup, dont Anna Magnani, ce qui peut surprendre. Mais elle avait le populaire chic. C'était l'époque fastueuse de la maison, qui fait aujourd'hui une bonne partie de son beurre avec ses 300 boutiques réparties dans le monde.

L'histoire du Grec

Le Palazzo, lui, raconte avant tout l'histoire, qui tient un peu du conte de fée. Tout est parti de Sotirios Voulgaris, un Grec arrivé à Rome en 1884 après avoir passé par Corfou et Naples. Il paraît que son magasin originel existe encore à Paramythiá. Mort âgé en 1934, l'homme a institutionnalisé son affaire, se concentrant peu à peu sur les joyaux importants. Ils n'ont pourtant pas encore sous son règne de style propre, se confondant un peu avec le reste de la production Art Déco. On peut le constater au Palazzo Venezia. C'est dans les années 1950 et 1960 que la production Bulgari trouvera ses caractéristiques, avec notamment l'usage de pierres précieuses polies en cabochons.

Elizabeth Taylor dans ses belles années avec des émeraudes de Bulgari. Photo extraite du site de la firme,

La présentation donne dans le grand décor. Il fallait éviter que les colliers ou les broches se perdent dans des salles titanesques. Celle du Palazzo sont ainsi les anciens bureaux de Benito Mussolini, dont certains demeurent pourtant aujourd'hui vides. Outre des vitrines à grand spectacle et des estrades noires, il y a des escaliers d'où descendent des mannequins habillés de robes haute couture des années 1920 à 2000. Cecilia Matteuci Lavarini a prêté 80 pièces de sa collection. Il est surprenant d'y voir autant de créations françaises signées par les plus grands noms parisiens, alors que nous sommes tout de même à Rome. Mais c'est comme ça. Une vitrine abrite pourtant une création mythique. C'est la tenue de mariage conçue par les Sorelle Fontana pour Linda Christian, qui épousait en 1949 Tyrone Power dans la Ville Eternelle. On en avait parlé pendant des mois dans les journaux. Mais je vous que vous ne savez plus de qui il s'agit (1)...

En plein "ferragosto"

On aurait imaginé des foules compactes pour voir tout cela. Je veux bien que j'aie vu la chose le 14 août, en plein «ferragosto», mais il n'y avait quasi personne. J'ai en plus subi deux pannes d'électricité, ce qui ne fait pas très professionnel. Peut-être les organisateurs n'ont-ils pas bien choisi leur moment. Ou, ce qui serait plus triste, la ville. Je me souviens en effet des files d'attente au Grand Palais de Paris en 2011 pour voir quasi la même chose, en moins bien présenté.

(1) Le couple a pourtant engendré Romina Power, qui fut avec son mari Al Bano une des grandes vedettes pop transalpines des années 1970.

Pratique

«Bvulgari, la storia, il sogno», Palazzo Venezia, 49, piazza San Marco, Roma, ouvert de 8h30 à 18h30. Castel Sant'Angelo, 50, Lungo Tevere Castello, ouvert de 9h à 19h, jusqu'à minuit le jeudi. Tél. 0039 06 328 104 10, site www.art-city.it/mostre/mostra-bvulgari.html Jusqu'au 3 novembre.

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