Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le Musée d'Orsay présentera en novembre les "Modernités suisses" de 1890-1914

L'exposition comprendra environ 70 oeuvres, répartie en une dizaine de sections. Il y aura aussi bien les Giacometti que Max Buri, Ernest Biéler ou Cuno Amiet.

"Le grand hiver" de Cuno Amiet (1904).

Crédits: Succession Cuno Amiet, RMN Paris 2020.

C’est maintenant officiel. On en parlait depuis longtemps, mais je ne vous en avais encore rien dit. Je n’avais ni confirmation, ni a fortiori de dates prévues. Eh bien, du 10 novembre 2020 au 21 février 2021, le Musée d’Orsay présentera à Paris de la peinture helvétique. La chose s’intitulera «Modernités suisses», ce qui ne va pas sans me surprendre. Nos amis d’outre Jura nous voient volontiers comme des retardés. Des gens lents et pacifiques intéressés par les seules questions matérielles. Vous connaissez la chanson.

L’exposition traitera des années 1890 à 1914. Il y aura là Cuno Amiet, dont Orsay a acheté il y a une dizaine d’année un chef-d’œuvre, «Le grand hiver» de 1904. Le Soleurois se retrouvera en compagnie des deux Giacometti cousins (et pas amis du tout), Augusto et Giovanni. Il y a aura aussi Ernst Biéler. Celui des compositions symbolistes bien entendu, pas celui des paysannes de Savièse. Plus des gens moins connus comme Max Buri. Félix Vallotton, que le musée met vraiment à toutes les sauces (la rétrospective au Grand Palais date de 2014) sera bien sûr là. Mais Orsay ne dit rien de Ferdinand Hodler, à qui il a dédié un hommage en 2007. Notons que si le musée rappelle ses efforts Vallotton et Hodler, il passe sous silence Arnold Böcklin, qu’il a montré sans grand succès en 2001-2002. Pas assez moderne, sans doute… Et où ranger au fait l’apatride Giovanni Segantini? Italien ou Suisse? Progressiste ou pas?

Une place pour tout le monde

Confiée à Paul Muller et à l’omniprésente Sylvie Patry, la manifestation comprendra environ 70 «chefs-d’œuvre», provenant pour l’essentiel de Suisse. Le parcours comprendra une dizaine de sections. Les commissaires entendent parler des artistes, bien sûr, mais aussi des marchands, des collectionneurs, des critiques ou des médiateurs de ce temps-là. Une ambition complexe dans la mesure où la Suisse, même unifiée de manière plus serrée en 1848, recouvre plusieurs cultures. J’espère qu’on n’aura pas oublié comme toujours le Tessin italophone. Septante (puisque nous sommes en Suisse!) œuvres, ce n’est finalement pas beaucoup. On aimerait bien voir dans la sélection aussi bien Carlos Schwabe qu’Albert Trachnsel, Alexandre Perrier, Luigi Rossi, Eugène Burnand (peu avant-gardiste, ce dernier, je le confesse) Albert Welti ou Alice Bailly. Autrement dit beaucoup de monde. Trop apparemment.

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