Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le Mudac lausannois change de logo pour adopter des lettres "généreuses et malléables"

Le graphiste lausannois Chi-Long-Trieu en est l'auteur. Le style entend faire référence aux années 1960 de Max Bill. Un événement terriblement cosmétique.

Le logo de Chi-Long-Trieu.

Crédits: Mudac, Lausanne 2021.

C’est ce que l’on appelle une nouvelle cosmétique. Le Mudac lausannois vient de changer son logo. L’ancien n’apparaissait plus adapté au musée d’arts décoratifs, qui devrait rouvrir ses portes l’an prochain à Plateforme10, dans la partie supérieure du nouveau bâtiment. Il s’agit aujourd’hui «d’affirmer ses ambitions et sa singularité». Le gligli visuel reflétera «son audace et son approche pluridisciplinaire du design». Moi, je veux bien. Mais c’est un peu dire là que l’habit fait le moine (ou la nonne pour se montrer politiquement correct). Je reste en effet sous le choc du "Come to MAHMAH" genevois voulu par Marc-Olivier Wahler pour rajeunir le MAH.

C’est Chi-Long-Trieu, 33 ans, qui vit à Lausanne où il a été formé par l’ECAL, le responsable de cette nouvelle identité visuelle. Il a tenu à «préserver l’efficacité de la structure historique de son ancien logo en cinq lettres». Je ne vois du reste pas comment on pourrait écrire Mudac avec un nombre différent de caractères. L’idée est de rendre hommage aux projets conçu dans les années 1960 par le Zurichois Max Bill, qui bénéficie en ce moment d’une vaste rétrospective au Zentrum Paul Klee de Berne. Bill, comme bien des gens de cette époque, se voit vénéré par les membres des nouvelles générations, alors que pour la mienne il a toujours semblé une vieille lune. Il y donc «les formes rondes et iconiques du design de cette époque».

Déclinaisons infinies possibles

Le communiqué du musée parle du coup d’une identité «augmentée et enrichie». Le logo va en effet pouvoir se décliner sous toutes les formes, «verni, texturé, chromé, animé ou sonore». Il matérialisera ainsi «les collections et l’étude sans limite des champs du design.» Le seul problème restant tout de même que lesdites collections demeurent modestes. Il y a celles de l’ancien Musée des arts décoratifs de l’avenue de Villamont, auxquelles se sont tout de même ajoutés les enrichissements du Mudac depuis 2000. Une institution un peu vue comme une Kunsthalle, axée sur les expositions temporaires. Il s’agit donc d’un ensemble modeste, surtout si l’on pense aux 500 000 objets du Museum für Gestaltung de Zurich. Un Museum dont le site de la Toni-Areal devrait rouvrir le 3 décembre prochain après travaux.

Le Mudac a profité  du logo tout neuf pour lancer son nouveau site internet www.mudac.ch

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