Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le maire de New York veut des lieux culturels reflétant bien la diversité ethnique

Pour Bill de Blasio, il n'y a pas assez d'Hispaniques ou de Noirs dans le personnel pris dans son ensemble. Seul ennui, il y aurait à ce moment trop de femmes...

Bill de Blasio, le maire de New York.

Crédits: AP

C'est la suite logique d'une nouvelle vision de la démocratie. Le «New York Times» a donné les premiers résultats d'une enquête commandée par le maire de New York Bill de Blasio. La suite se verra officiellement révélée le lundi 5 août. Soumis à 65 institutions subventionnées, le sondage concerne l'origine ethnique de leurs employés. Le panel devrait correspondre, selon la mairie, aux pourcentage de la population de la cité. Personne ne parle de quotas, mais il y a tout de même un peu de cela. Faute d'une adéquation, les sommes allouées par la Ville pourraient se voir diminuées ou supprimées. Mais soyons juste. Nul, pour l'instant du moins, n'évoque un barème, ni un délai. On en reste encore aux désirs pieux.

Comme vous vous en doutez, les 65 institutions, qui vont du Metropolitan Museum au Carnegie Hall en passant par le Lincoln center, ne correspondent pas aux normes. Les personnes de couleur (mais à partir de quelle nuance au fait devient-on une «personne de couleur»?) représenteraient le deux tiers des habitants de New York. Or les deux tiers du personnel des institutions visées resterait blancs à l'heure actuelle. Je précise que les Hispaniques forment selon le sondage une minorité non-blanche dans cette Amérique aujourd'hui si préoccupée par les questions raciales qu'elle finit par apparaître comme une fédération de tribus. Ils composent le 11 pour-cent du personnel culturel, alors que la proportion logique serait de 29,6. Idem pour les Noirs, qui ne sont que dix pour-cent au lieu de 22. Je vous passe le reste de cette cuisine interne. Les institutions visées font donc assaut de mesures afin de renverser la vapeur.

Et les visiteurs?

Un élément cocasse. Les femmes et les handicapés se révèlent sur-représentés. Les premières composent le 65 pour-cent des effectifs. Leur nombre devrait encore augmenter si l'on continue à engager des historiennes d'art, vu que presque tous les élèves de ce département sont aujourd'hui féminins. Les seconds, les «personnes en situation de handicap» donc, 8. C'est logiquement trop, mais la mairie marche ici sur des œufs. Le dire soulèverait des tollés.

Personne ne mentionne bien sûr les visiteurs, dont le flux ne dépend pas de la mairie. Je suppose que comme partout ailleurs le public demeure très majoritairement blanc ou asiatique. La clientèle arabe reste très difficile à intéresser dans ce domaine. Quant à celle des Afro-américains, elle demeure hélas marginale en dehors de celle des écoliers. Des visiteurs captifs. Comment y remédier? Par la persuasion, ou le musée ne serait-ils vraiment pas un concept africain contrairement aux arts vivants comme la musique, la danse ou la littérature orale?



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