Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le Kunstmuseum de Bâle présente une donation autour du conceptuel Rémy Zaugg

La Fondation Furer-Brunner a donné 24 de ses toiles portant des inscriptions. Le musée les présente en contexte, c'est à dire avec des pièces empruntées aux deux donateurs.

La version en rouge et bleu.

Crédits: Succession Rémy Zaugg, Kunstmuseum Bâle 2019.

«Schau, ich bin blid, schau.» Regarde, je suis aveugle regarde. L'inscription ne se lit pas moins de six fois au Kunstmuseum de Bâle. En différentes couleurs, il est vrai tant pour les lettres qu'en ce qui concerne le fond. Il s'agit là d’œuvres sur toile de Rémy Zaugg (1943-2005). Elles font partie de la récente donation de la Fondation Hans et Monika Furer-Brunner. Un couple qui aimait visiblement bien l'artiste. Il n'y a pas moins de 24 réalisations du Bernois d'origine (à sa naissance Courgenay se trouvait encore dans le canton de Berne) dans ce don qui complétera à la fois la collection d'art moderne de l'institution et celle vouée à l'art du XXe siècle dans la ville. Toute une aile du rez-de-chaussée est vouée aux Bâlois d'origine ou d'adoption. Comme Zaugg.

L'homme a toujours pratiqué des formes austères. Il a été influencé à ses débuts par Barnett Newman. Le «Day Before One» (1951) de ce dernier se voit du reste présenté par le musée en complément au don. Il s'agit de montrer d'où sort l'art conceptuel du Suisse. Ce dernier admirait aussi beaucoup «La maison du pendu» de Cézanne (1873), qui n'est tout de même pas venue d'Orsay. L'idée était également de montrer dans quel contexte il se présentait au sein de la collection Furer-Brunner. Le Kunstmuseum a donc emprunté nombre de pièces à leur fondation. Elles vont de Lawrence Weiner à On Kawara et de John Baldassari à Sol LeWitt, dont deux muraux ont été tracés sur les faces opposées d'une cloison aménagée à cet effet. Tout cela reflète un goût sévère. On n'imagine pas un couple très drôle. Seules, des photos de Robert Mapplethorpe apportent un peu de chair. Notez qu'il y en a aussi dans la salle contenant des portraits géants de Thomas Ruff. Mais là aussi, il semble que les époux Furer-Brunner aient choisi de l'allemand les pièces photographiques les plus difficiles et les plus desséchées. Des vues d'architecture bien réfrigérantes, par exemple...

Pratique

«Von Rémy Zaugg bis John Baldassari, Die Sammlung Hans und Monika Furer», Kunstmuseum, 16, Sankt Alban Graben, Bâle, jusqu'au 1er décembre. Tél. 061 206 62 62, site www.kunstmuseumbasel.ch Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, le mercredi jusqu'à 20h.

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