Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le Kunsthaus d'Aarau a une nouvelle directrice pour "booster" l'art helvétique

Le musée est le temple de la peinture suisse. Il fallait une spécialiste après le départ de Madeleine Schuppli. Katharina Ammann semble avoir toutes les qualités requises.

Katharina Ammann, qui entre en fonction le 1er juillet.

Crédits: Kunsthaus, Aarau 2020.

Le Kunsthaus d’Aarau a une nouvelle directrice. Elle entrera en fonction le 1erjuillet. Katharina Ammann succédera à Madeleine Schuppli, partie à la fin janvier. L’intérim (très confiné) s’est vu assuré par Sandra Walder. La nouvelle-venue a été nommé en janvier. Elle a été retenue parmi trente candidats. Seulement, me direz-vous! Il faut dire que le Kunsthaus argovien n’est pas un musée comme les autres. Je vous expliquerai pourquoi par la suite. Le profil exigé se révélait donc très pointu. Aucun déferlement, venu par exemple d’Allemagne, n’était possible.

Katharina Ammann a 46 ans. Elle a accompli ses études à Genève et à Oxford. Elles portaient naturellement sur l’histoire de l’art, mais aussi sur la littérature anglaise. Sa carrière muséale a commencé au Kunstmuseum de Soleure, qui est une bonne maison. La débutante y a été collaboratrice scientifique de 2001 à 2004. De 2008 à 2015, l’historienne fut conservatrice à Coire, alors en plein chantier d’agrandissement. Elle a ensuite passé au SIK ISEA. Qu’est-ce donc que cet animal-là? Il s’agit de l’Institut suisse pour l’étude de l’art, fondé en 1951. Un organe situé à Zurich, avec des strapontins à Lausanne et à Lugano. Katharina Ammann y aussi bien travaillé sur un maître ancien comme Niklaus Manuel Deutsch que sur des contemporains dont Markus Raetz. Le tout en passant sur un classique moderne du calibre d’Augusto Giacometti.

Un lieu immense

Ce parcours semblait idéal pour un lieu dont le directeur de référence reste Beat Wismer. Le Kunsthaus, qui constitue un lieu immense depuis l’ouverture de l’annexe signée Herzog & DeMeuron en 2003, constitue un temple de l’art suisse. Reconnu comme tel, il a engrangé donations et dépôts (1). Ses expositions dans le domaine ont fait date. Il y a aussi bien eu celles sur le surréalisme ou le pop art en Suisse que la rétrospective du paysagiste du XIXe siècle Adolf Stäbli. Une révélation. La personne à sa tête ne peut donc que rester un (ou une) spécialiste de la peinture helvétique depuis les origines. Dans le cas précis, il bénéficie en plus d’une personne trilingue d’origine suisse alémanique. Ce qui semble bon pour les dialectes.

L'entrée du Kunsthaus, signée Herzog & DeMeuron. Photo Kunsthaus Aarau 2020.

Contrairement à cequi se passe à Genève, qui regarde bouche bée vers la France ou à défaut la Belgique, on engage donc volontiers local en Suisse alémanique. L’Allemand Christoph Becker du Kunsthaus de Zurich fait un peu figure d’exception pour une grosse machine voulant s’ancrer sur un terreau local. Le Kunstmuseum de Bâle avait bien été cherché sa nouvelle tête à Houston Texas. Mais Josef Helfenstein était un expatrié aux Etats-Unis!

(1) Dans l'autre sens, Aarau a déposé à la Fondation Langmatt de Baden ses tableaux impressionnistes. Il a en revanche gardé les expressionnistes allemands, proches de certains courants picturaux alémaniques des débuts du XXe siècle.

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